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Gris de Novembre, Blanc de Noël Par F. Anchling |
Cette
année particulièrement, novembre a été un mois de grisaille et de tristesse. Les
cérémonies qui nous rappellent ceux qui ne sont plus, se sont succédées. Dès les
premiers jours de novembre, chacun rend un culte pieux à ceux qu’il a aimés ou
connus ; puis le 11, les anciens écoliers, recueillis, se souviennent de ces
vers de Victor Hugo « Ceux qui sont morts pour la patrie, ont droit qu’à leur
tombeau la foule vienne et prie » ; et le reste du mois a été consacré au 60ème
anniversaire de la libération. Heureusement l’Union Européenne nous a protégé
d’un renouvellement de ces cataclysmes.
Et déjà l’on peut voir dans les villes et villages les décorations qui à partir
du premier dimanche de l’Avent illumineront les soirs et les nuits de Décembre,
prélude aux fêtes de Noël. Le dernier mois de l’année civile s’en va dans une
férie de lumière.
Pendant ce temps nos protégées, bien groupées autour de la reine dont elles
prennent grand soin, car elle porte en elle tous les espoirs de survie et des
belles récoltes de l’an prochain, sont au repos et se réchauffent mutuellement
en consommant les provisions que l’apiculteur leur a laissé ou complété. C’est
l’hiver, mais de temps à autre une petite visite au rucher nous permet de
contrôler qu’aucun élément dérangeant ne vient troubler la quiétude nécessaire à
un bon hivernage, et comme tout apiculteur aime ses abeilles – ne font-elles pas
partie de sa famille - cela lui permet de garder le contact avec elles, et de
les protéger des prédateurs. Cette douce euphorie ne doit pas nous faire
oublier, que l’apiculteur en plus de ses obligations administratives de fin
d’année, se doit à ses clients et amis, ainsi qu’à sa famille.
Les formalités administratives de fin d’année.
1) La
déclaration annuelle des ruchers.
Cette déclaration est obligatoire en vertu des lois et règlements en vigueur.
Rappel (Décret 63-136 du 18 février 1963) - (article 12 de l’arrêté
interministériel du 11 août 1980 modifié le 27 février 1992). L’imprimé de
déclaration « CERFA 50-4471 » fourni par votre syndicat ou votre GDS est aussi
disponible en mairie ou auprès des DSV. Il précise :
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Tout propriétaire ou détenteur de ruches est tenu de déclarer chaque année, au courant du mois de décembre ses ruchers, en précisant le nombre de ruches et leurs emplacements au Préfet du Département de son domicile par l’intermédiaire de la Direction des Services Vétérinaires du domicile du déclarant. |
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La présente déclaration doit être fournie par tous les propriétaires ou détenteurs de ruches, dans un délai d’un mois après l’installation ou la prise de possession de ces ruches ainsi que préalablement à tout déplacement des ruches. |
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Les ruchers étrangers introduits en France sont soumis aux mêmes obligations d’immatriculation et de déclaration, dont les modalités sont définies par avis aux importateurs. |
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Sur ce formulaire l’intéressé devra aussi préciser les emplacements de transhumance qu’il a l’intention de fréquenter. |
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Chaque nouvel apiculteur déclaré se verra attribuer un numéro d’immatriculation à six chiffres dont les deux premiers reproduisent le numéro minéralogique du département du domicile du déclarant; les quatre autres (de 0001 à 9999) composant le numéro d’identification du rucher dans ce département. Ce numéro devra être reproduit en caractères apparents et indélébiles (huit centimètres de hauteur sur cinq de largeur) sur au moins 10 % des ruches ou sur un panneau à proximité du rucher. |
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Préalablement à toute transhumance, extra ou intra départementale, l’apiculteur devra faire appel à un spécialiste apicole qui effectuera le contrôle de ses ruches et lui délivrera un certificat de contrôle sanitaire, dont l’original conservé par l’apiculteur accompagnera les ruches sur le lieu de transhumance. Une copie sera adressée à la Direction des Services Vétérinaires du lieu d’implantation. |
La teneur des textes ne laisse planer aucun doute ; il s’agit bien d’une
obligation encore renforcée par l’arrêté du 5 juin 2000 (article 12) instituant
le registre d’élevage dans lequel doit être agrafé le récépissé de la ci-dessus
déclaration. Pour obtenir ce récépissé, il convient de joindre à votre
déclaration une enveloppe affranchie à votre adresse.
Quelle est l’utilité de cette déclaration ? Contrairement à certaines rumeurs,
elle ne vise que la santé des abeilles sous l’autorité des Préfets ; elle permet
aux services sanitaires d’établir une cartographie des différents ruchers du
département, d’effectuer un quadrillage sanitaire départemental et d’y affecter
les agents sanitaires apicoles (spécialistes apicoles ou aides spécialistes)
nécessaires au suivi sanitaire de nos colonies, et à même de prendre
les dispositions adéquates en cas d’épizootie.
Elle permet aussi aux services de la DSV et de la protection des végétaux (SRPV)
de constater et de relever les particularités environnementales susceptibles
d’expliquer les mortalités sans cause apparente.
De plus elle permet de suivre les ruchers en transhumance et donc de repérer les
ruchers étrangers ou abandonnés peut-être malades et ainsi de protéger la santé
de nos abeilles.
D’autre part le nouveau dispositif d’aide à l’achat de colonies ou reines pour
la reconstitution de cheptel victime de pertes anormales, élaboré par les
services du Ministère de l’Agriculture, en partenariat avec le groupe de travail
volet économique, est basé sur la déclaration des ruchers. (l’une en décembre,
l’autre en mars à la sortie d’hivernage).
2)
Mise à jour du registre d’élevage
Rappel : tout détenteur d’animaux appartenant à des espèces dont la chair ou les
produits doivent être livrés au public en vue de la consommation est dans
l’obligation de tenir un registre d’élevage.
L’arrêté du 5 juin 2000 dispose que la tenue du registre d'élevage est réputée
effectuée par :
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le classement des déclarations relatives au rucher, faites en application de l’article 12 de l'arrêté du 11 août 1980 (déclaration ci-dessus) et des certificats sanitaires et de provenance ; |
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l'enregistrement des traitements effectués sur le rucher : nature des médicaments, ruchers concernés, quantités administrées ; |
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le classement des résultats d'analyse obtenus en vue d'établir un diagnostic ou d’apprécier la situation sanitaire des abeilles, des comptes-rendus de visite ou bilans sanitaires établis par le vétérinaire ou des agents spécialisés en pathologie apicole. |
Les documents qui composent le registre d'élevage doivent être conservés
cinq ans. Pour faciliter votre travail vous avez trouvé chaque année et vous
trouverez encore dans le numéro Abeille de France du mois de janvier, le carnet
d'élevage à utiliser pour l'année en cours. Profitez donc de vos vacances
apicoles pour transcrire toutes les notes que vous avez prises au cours de
l'année, et mettre à jour votre registre d'élevage.
3)
Renouveler ses assurances
C’est bien connu « l’assurance n’est chère qu’avant le sinistre ». Mais
n’oublions pas que l’article 1385 du Code Civil est précis : Le propriétaire
d’un animal ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est
responsable du dommage que l’animal a causé soit que l’animal fut sous sa garde,
soit qu’il fut égaré ou échappé.
Nous sommes responsables des dommages causés à autrui par nos abeilles quelles
qu’en soient les circonstances. Comme chaque année en été, quelques accidents
graves se sont produits. Que seraient devenus les propriétaires de ces ruchers
s’ils n’étaient pas assurés ?
Vérifions bien que les garanties souscrites correspondent encore à la situation
actuelle : emplacement modifié- nombre de ruches-valeur de remplacement - etc…Il
faut toujours veiller à ce que le nombre de ruches déclarées à l’assurance
corresponde au nombre de ruches déclarées à la DSV. En cas de sinistre c’est la
déclaration DSV qui sert de base aux assureurs pour calculer l’indemnisation.
Et rappelez-vous que la responsabilité civile ne couvre que les dommages causés
à autrui ; il existe de nombreuses extensions pour couvrir le vol, l’incendie et
le vandalisme, la tempête, la mortalité accidentelle ; parlez-en avec les
membres du bureau de votre syndicat. Il faut savoir que l’assurance incendie
couvre les dégâts en cas de catastrophes naturelles (inondations par exemple).
4)
Renouveler son abonnement à l’Abeille de
France.
Les revues apicoles traitent de l’actualité. Pour rester à la page nous avons
besoin d’être informés rapidement et complètement concernant tous ces sujets qui
font notre vie et nos soucis de chaque jour, comme la lutte contre varroa,
l’arrivée d’un nouveau prédateur Aethina tumida,
les nouveaux produits, l’évolution du marché etc…
L’Abeille de France est éditée à plus de 30 000 exemplaires et lue dans de
nombreux pays francophones ; la qualité de ses articles et informations
scientifiques apicoles les plus récentes, le soin et la richesse de sa
présentation, son ouverture sur les publications étrangères en font un véritable
magazine d’informations universelles, qui a été reconnu par un jury spécialisé,
et primé lors du Congrès Apimondia à Anvers.
5)
Renouveler sa cotisation syndicale.
Beaucoup d’assemblées, beaucoup de réunions syndicales se tiennent en décembre.
En hiver nos abeilles se regroupent autour de leur reine Nous aussi profitons de
la période hivernale pour participer, « pour rester dans le vent » ; C’est au
cours de ces assemblées que nous récoltons une foule de renseignements : les
informations les plus récentes concernant les soins aux abeilles, les
intoxications, les lois nouvelles, les règlements, la vente du miel, etc…
L’apiculture est une grande famille, les apiculteurs sont heureux de se
rencontrer, d’avoir des trucs à échanger. Profitez de ces rencontres pour vous
mettre à jour de vos cotisations ; et n’oubliez pas que les trésoriers sont des
bénévoles qui doivent rendre des comptes. Ne leur compliquer pas la tâche en les
contraignant à de multiples relances.
6)
S’instruire
L’hiver est la saison qui nous laisse un peu de temps pour la lecture au coin du
feu ou de la cheminée. De très nombreux ouvrages récents et abondamment
illustrés nous permettent d’entrer dans le mystère de la ruche bien que de
nombreuses questions n’aient pas encore trouvées de réponses. Néanmoins dans le
cadre de l’aide européenne à l’apiculture l’avancée est importante.
La bibliothèque de l’Abeille de France vous propose de nombreux titres, faites –
vous offrir un ouvrage pour compléter votre bibliothèque ; offrez-en à vos amis.

Le rucher en décembre
1)
Que fait la colonie ?
Il ne faut pas abandonner nos ruchers pendant la période hivernale ; tant de
choses peuvent se produire. Nos visites seront fréquentes bien que discrètes. Il
nous faut sans cesse vérifier que rien n’est venu troubler la tranquillité
nécessaire à un bon hivernage, surtout après une tempête ou une forte chute de
neige. Il faut se rappeler que la colonie réagit à chaque dérangement ; elle se
met en position de défense en faisant provision de quelque gouttes de miel
qu’elle stocke dans son jabot, ce qui est préjudiciable, par suite des déchets
intestinaux générés qu’elle doit conserver dans son ampoule rectale jusqu’au
prochain vol de propreté.
Heureusement, certain jour le soleil se montre et la température flirte avec les
10° ; aussitôt le rucher s’anime et nos protégées en profitent pour faire un
petit tour et se soulager l’ampoule rectale. Ces sorties hygiéniques sont
indispensables pour la bonne santé des peuples, et si nous en avons la
possibilité, un petit tour au rucher nous renseignera utilement sur le
déroulement de son hivernage.
Quelque fois, quand rien ne bouge, une abeille s’envole pour ne plus revenir,
c’est une vieille butineuse qui va mourir au loin pour ne pas encombrer le trou
de vol ; autrement c’est le calme hivernal.
2)
Que peut faire l’apiculteur ?
Si ce n'est déjà fait, l'apiculteur profitera d'une belle journée pour nettoyer
une dernière fois et aménager les abords de son rucher. À proximité des ruches
on enlève toutes les herbes ou buissons qui pourraient laisser stagner
l'humidité et perturber les abeilles lors de leurs vols de propreté.
Et pourquoi ne pas planter des haies brise-vent autour de nos ruchers, ou des
terrains nous appartenant. La disparition des haies, qui a appauvri et
uniformisé nos paysages, nous aura du moins fait retrouver, comprendre et
reconnaître leurs multiples fonctions et avantages. Une haie, un rideau d'arbres
entourant un champ jouent un rôle prédominant et essentiel dans la qualité et la
conservation du sol.
La haie assure également un rôle de brise-vent très appréciable et améliore les
conditions climatiques et de culture à son abri. Ses effets bénéfiques se
traduisent par un micro climat très apprécié par nos protégées pendant leur vol
de propreté. La haie, constituée d'essences variées, d'arbres, d'arbustes et de
plantes herbacées accueille de très nombreuses espèces animales et assure ainsi
un équilibre biologique entre les proies et les prédateurs. Les oiseaux ne
sont-ils pas les moins chers, les plus efficaces et les plus sympathiques des
insecticides ? De même tout au long de l’année les haies peuvent représenter une
source de pollen et de nectars non négligeable.
A l'origine, les haies étaient plantés principalement en limite de parcelles et
avait pour fonction d'empêcher le bétail et le gibier de pénétrer dans les
cultures ou de sortir des parcelles qui leur étaient destinées. Le capital
économique que représente une haie a été totalement oublié. A nous apiculteurs
qui sommes les premiers conscients de leur grande importance, d’en reconstituer
partout où cela est possible et d’en faire la promotion autour de nous.
3)
Contrôle de l’efficacité du traitement anti-varroa de fin d’été.
Varroa reste notre grand souci, et malheureusement personne n’est capable de
dire jusqu’à quand. (Des chercheurs texans auraient trouver un champignon «
Metarhizium-Ansioplliaé » qui détruirait les termites et les varroas sans causer
de dommage aux abeilles). Les traitements anti-varroas préconisés par nos agents
sanitaires avec les lanières Apivar ou les barquettes Apiguard ont été réalisés
conformément aux protocoles de mise en œuvre définis ; c’est bien. Mais il est
conseillé d’en vérifier l’efficacité. En effet, si quelques centaines de varroas
ne perturbent pas l’hivernage d’une colonie, il est maintenant prouvé que
varroa, par ses piqûres sur les abeilles pour chercher sa nourriture, injecte en
même temps des virus qui eux sont dangereux pour la survie de la colonie. Ces
virus depuis toujours présents dans la ruche, étaient jusqu’à présent sans
danger pour des abeilles saines et bien portantes, qui au cours de leur
expansion géographique avaient trouvé les moyens de s’en protéger et de se
construire une immunité. Cette immunité est fragilisée par les piqûres de
varroa.
1ère opération : contrôle de la chute naturelle des varroas
Dans un rucher, l’infestation des différentes colonies n’est jamais une constante. Certaines sont fortement chargées en varroas, d’autres en sont presque indemnes. Pourquoi ? Plusieurs facteurs indépendants ou qui se cumulent peuvent expliquer ces différences :
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Tout d’abord l’age du peuple. Alors que les colonies anciennes atteignent le maximum de leur développement fin juin, et réduisent progressivement les surfaces de couvain pour se retrouver fin octobre avec la dernière ponte, on constate que les plus jeunes n’arrivent au maximum de leur développement qu’en septembre et continuent l’élevage jusque tard en saison ; et qui élève du couvain élève aussi des varroas. |
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L’emplacement du rucher et les conditions météo conditionnent également le degré d’infestation. Des abeilles privées de sortie conservent les varroas ; celles qui voyagent en perdent. Les ruchers isolés et de faible importance courent moins de risques que les concentrations de ruches. |
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Enfin l’histoire de la colonie. Une ruche de pillardes ramènera certes des provisions volées à une plus faible, mais aussi des varroas toujours plus nombreux dans une colonie en difficulté. |
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Il existe aussi des colonies plus résistantes que d’autres à la présence de varroa et qui commencent à se défendre en les mutilant. |
Dans tous les cas, le contrôle d’efficacité n’est valable que pour des
ruchers hors couvain. La première nuit de gel incite la reine à cesser toute
ponte, et trois semaines plus tard la colonie est hors couvain.
Il est donc important de réaliser au préalable une analyse des langes. Chaque
colonie reçoit un lange propre et graissé. Deux semaines plus tard on dénombre
soigneusement les varroas prisonniers de la graisse. La découverte de varroas de
couleur claire prouve que du couvain parasité vient d’éclore.
Si la chute naturelle se situe en dessous de un varroa / jour, une intervention
est superflue. Si la chute est de 1 varroa / jour elle se révèle utile ; au-delà
elle est absolument nécessaire. N’oublions pas que la chute de 1 varroa / jour
correspond à quelques centaines dans la grappe. Si cette présence ne perturbe
pas l’hivernage, elle conduit inexorablement à l’effondrement de la colonie
l’été suivant, sauf à prendre dès le printemps des mesures drastiques en élevant
du couvain de mâles que l’on devra régulièrement découper.
Cette vérification fait partie du plan de lutte intégrée contre les atteintes de
varroa. Elle a pour but de ramener la pression de varroa sur la colonie à des
taux supportables.
2ème opération : le traitement
Les différentes méthodes ont été décrites par l’Institut de Recherche
suisse du Liebefeld, par le Docteur Liebig de l’Institut de recherche apicole à
l’Université de Hohenheim et par différents autres chercheurs. (et publiées dans
l’Abeille de France). L’acide oxalique utilisé par dégouttage nécessite
l’ouverture de la ruche. Contrairement à beaucoup d’idées reçues, l’ouverture
des ruches à basse température est sans danger pour les abeilles hors couvain.
L’acide oxalique peut être acheté en pharmacie sous forme de dihydrate oxalique
(c’est un produit cristallin qui contient 71 % d’acide oxalique et 29 % d’eau)
ou chez les revendeurs de matériel apicole (très souvent sous forme de cachets
de 3 grammes).
Voici la méthode décrite par le service sanitaire du Luxembourg pour le
traitement d’hiver, dans le « Lëtzebuerger Beien Zeitung » de novembre 2004.
Température extérieure supérieure à 5° - colonie absolument hors couvain. Dans
une bouteille de 1 litre à fermeture étanche, immédiatement identifiée par une
étiquette portant la mention du produit et en grosses lettres rouges « dangereux
» on mélange 36 grammes d’acide oxalique avec 400 grammes de sucre et 0,75 litre
d’eau du robinet réchauffée. Si l’eau est calcaire le calcium de l’eau précipite
sous forme de monoxalate de calcium, insoluble mais sans effet secondaire pour
le dégouttage. Puis après dissolution complète on achève le remplissage de la
bouteille avec de l’eau tempérée.
Si l’on utilise les cachets d’acide oxalique, mettre dans une bouteille 2
cachets par ruche, puis 50ml d’eau sucrée à la concentration 1/1 par ruche ;
laisser dissoudre pendant 12 heures et secouer fortement.
Avant utilisation amener (au bain-marie) le mélange à la température de 25°.
Avec une seringue graduée de 100 ml on utilise 30 ml de produit pour une colonie
qui occupe 4 à 5 ruelles, et 50 ml si la colonie occupe de 6 à 7 ruelles ; 40 ml
pour un corps Langstroth ; 50 ml pour une Dadant ou 2 corps Langstroth.
L’ouverture de la ruche peut intervenir même par basse température au-dessus du
zéro ; et plus la température est proche du zéro moins on a besoin de fumée qui
devra toujours être envoyée avec parcimonie. On ouvre la ruche calmement et
calmement on arrose les abeilles dans toutes les ruelles avec de fines
gouttelettes de la préparation. Il faut prendre son temps, ne pas baigner les
abeilles mais seulement les humidifier, et passer deux fois sur les mêmes
ruelles. Plus il y a d’abeilles mouillées, meilleur est le résultat. Lorsqu’on
hiverne sur 2 corps, très souvent les abeilles sont positionnées à cheval sur
les 2 corps. Il faut alors soulever le corps supérieur et arroser dans la
grappe.
PRECAUTIONS :
Porter des gants, des lunettes et un filet de protection. 1 seul dégouttage par
année – deux dégouttages éliminent la colonie. La chute des varroas dure de 4 à
5 semaines, elle doit être relevée chaque semaine, et comparée aux décomptes de
la chute naturelle ; ce qui permet d’en tirer des conclusions. Le reste de
solution, non utilisée, peut être versé directement et sans risque sur le
terrain.
Valoriser les produits de la ruche
Noël, c’est aussi le temps des cadeaux. Cette période conduit chacun à se poser
chaque année la même question lancinante : « que vais-je pouvoir offrir, ce
client a déjà tout reçu ? ». C’est un casse-tête dans la sphère familiale, mais
tout autant pour les commerçants, les chefs d’entreprises et les artisans. Ces
responsables se sentent obligés dans le cadre de leurs relations commerciales,
de faire parvenir une attention originale et appropriée à leurs bons clients.
Bien sûr, il existe des sociétés spécialisées dans les cadeaux d’entreprises.
Mais l’attention particulière et personnalisée fait très souvent défaut :
calendriers, lampes de poche et vases deviennent très vite impersonnels et
monotones. Et naturellement, comme les personnes en question ont très peu de
temps à consacrer au problème des cadeaux, ils sont ouverts à toute idée
nouvelle et originale et en plus reconnaissants.
Les vignerons ont de suite embrassé ce créneau et proposent pour la période de
Noël des cartons cadeaux de toutes contenances et contenus.
Consciente des problèmes d’environnement, la tendance actuelle va vers les
produits naturels. Ainsi, des possibilités commerciales dans le vent se
présentent aux apiculteurs, pour leurs produits : sous forme de paniers garnis
décorés, contenant des produits apicoles de leur propre production. C’est un
créneau qui prend de l’importance et est accessible à tous les apiculteurs, du
professionnel au petit producteur.
La présentation de ces paniers ne connaît aucune frontière. Toutes les
initiatives sont permises ; du plus volumineux au plus simple (par exemple : sur
un morceau de carton ondulé, un pot de miel, une bougie, une pomme de pin, un
peu de ouate et quelques brins de sapins, le tout emballé dans un papier décoré
et fermé en couronne avec un ruban approprié.
Tout apiculteur sait que l’on peut faire confectionner avec son propre miel, des
bonbons ou de l’hydromel, des savons et des cosmétiques, ce qui permet
d’augmenter à l’infini le contenu des paquets cadeaux pour ses amis et clients
ou pour les proposer au commerce. L’on arrive ainsi à augmenter sa clientèle,
car l’un ou l’autre aura noté l’adresse de l’apiculteur inscrite sur le pot.
Quels sont les produits naturels que l’apiculteur peut proposer ?
Tous les produits de la ruche. A titre d’exemple, les apiculteurs d’Alsace
joignent une plaquette à chaque vente pour informer les clients de tous les
produits naturels que l’abeille met à leur disposition. L’Abeille de France vous
en proposera une prochainement. D’abord le miel sous toutes ses formes : nature,
en sirop, en liqueur, en hydromel mais aussi sous forme de nougats, de bonbons,
de pains d’épices, pâtisserie, etc… (l’Abeille de France présente
chaque mois
une recette originale).
Le miel est la matière première de nombreuses utilisations. Il se laisse
valoriser sous forme de liqueur de miel, de vin de miel, d’alcool de miel ou
encore de miel aux noix, aux amandes, aux fruits, etc… On peut en faire des
sirops délicats qui avec de l’eau gazeuse, permettent des boissons
rafraîchissantes ou bien pour agrémenter des viandes et des sauces. On peut
aussi confectionner des vinaigres de miel pour élargir la palette des produits
de notre apiculture. Chaque spécialité maison pourrait être accompagnée d’une
petite étiquette suggérant des possibilités d’utilisation. Par exemple : pour
miel avec morceau de noix (pour agrémenter un muesli ou des crêpes ou des corn
flakes), avec une liqueur de miel (une goutte de liqueur sur une glace ou une
crème glacée est un délice).
Faire un sirop de miel est une autre manière d’attirer le client. Dans la
plupart des sirops, le miel et l’eau sont utilisés dans la proportion 1/1 et
l’on peut parfumer avec des fleurs ou des feuilles comestibles d’arôme fort
(sureau, menthe, mélisse, reine des prés, aspérules, etc…) ou bien des herbes
comestibles (thym, basilic, estragon, etc…) pour les mets ou les sauces. Ces
sirops doivent reposer trois semaines avant dégustation, ils se conservent un an
au frais et à l’abri de la lumière. On peut aussi remplacer l’eau par un jus de
citron ; ce mélange peut être utilisé en apéritif étendu d’eau gazeuse ou pour
parfumer une tisane.
Les combinaisons sont immenses selon le palais et le goût de chacun. La période
de repos hivernale permet d’expérimenter toutes sortes de mélanges et de se
préparer pour les prochaines fêtes.
Ensuite le pollen : de plus en plus recherché et demandé. Pourquoi ne pas se
documenter et s’équiper pendant la morte saison afin de pouvoir récolter un
pollen frais qu’il est possible de stocker au congélateur en attendant d’en
faire usage. C’est un sujet sur lequel nous reviendrons ultérieurement.
La gelée royale : la récolte de gelée royale pour la commercialisation n’est
naturellement pas du domaine d’un jeune apiculteur, néanmoins il peut être
intéressant pour sa consommation personnelle et celle de ceux qu’on aime, de
pouvoir récolter quelques grammes de gelée royale. Profitez de l’hiver pour
relire la littérature spécialisée et confectionner les équipements qui vous
permettraient de profiter de ce don de l’abeille.
N’oublions pas la cire : souvent demandée par certains consommateurs qui la
transforment en bougies ou encaustique. Tout au long de nos pages de conseil,
nous avons toujours recommandé de transformer les cires de corps, qui sont des
cires chargées de produits chimiques, en bougies ou encaustiques et de ne pas
les réutiliser sous forme de cires gaufrées. Tous les revendeurs de matériel
apicole mettent à votre disposition aussi bien la mèche que les moules pour
faire des bougies où toutes sortes de figurines appréciées par votre clientèle.
C’est aussi un travail d’hiver dont nous pouvons reparler si vous le souhaitez.
La propolis : voilà à l’heure actuelle un produit phare. Depuis un vingtaine
d’années, les recherches concernant ses bienfaits pour la santé humaine se sont
multipliés et Internet regorge de documents relatant les études médicales
conduites avec ce produit dans différents pays où sa commercialisation par
l’apiculteur ne pose aucun problème. Il n’en va pas de même chez nous et à juste
titre, un apiculteur n’est ni un pharmacien, ni un médecin. Ce qui ne l’empêche
pas de faire bon usage d’un produit aux multiples qualités si durement récolté
par l’abeille et que chaque apiculteur récupère soigneusement.
Propriétés physiques : du jaune clair au brun foncé selon l’origine, la propolis
a une odeur très agréable, une saveur âcre et piquante. Elle contient toujours
un peu de cire.
Dure et friable à 15° , molle et malléable à 30°, elle devient collante entre 30
et 60° et fond au-delà de 60°.
Très peu soluble dans l’eau froide, elle est par contre soluble dans l’alcool,
l’éther, le chloroforme, l’acétone, l’ammoniac. L’acétone n’est utilisée que
lorsque l’on veut fabriquer un enduit protecteur du bois, par exemple pour
badigeonner les ruches.
Chauffé, le produit se divise en deux parties : la cire surnage, la propolis
tombe au fond du récipient.
Elle se conserve dans des récipients opaques, bien fermés, dans un local froid
et sec ainsi que par congélation.
D’après des études très poussées, le pouvoir bactérien de la propolis se
conserve après un stockage de longue durée.
Récolte : pour obtenir une propolis très propre, on utilise une grille à
propolis que l’on pose au sommet des ruches. Placée au congélateur, la propolis
devient friable et peut être récupérée. Mise dans un récipient réservé à cet
usage, rempli d’eau froide, elle est activement secouée pour faire remonter
toutes les impuretés (poussières, pattes d’abeilles, etc…). L’opération est
recommencée plusieurs fois. L’eau est éliminée, la propolis mise à sécher sur un
papier absorbant pendant 24 à 48 heures. Remise au congélateur, elle est ensuite
moulue dans un ancien moulin à café pour en faire une poudre très fine.
Cette poudre est mise dans un bocal et recouverte d’alcool à 70° pour en
extraire les principes actifs dans la proportion de 100 ml d’alcool pour 10 g de
propolis. On obtient une teinture de propolis.
Sur ces belles paroles, mon collègue Bruno et moi-même vous souhaitons un joyeux
Noël. Et à l’année prochaine.
F. Anchling
avec l'aimable autorisation de la revue
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