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L'H.M.F.
et les miels
Paul SCHWEITZER, CETAM Lorraine, Laboratoire dAnalyses et dÉcologie
Apicole
1A, rue Jean-Baptiste-de-la-Salle, F-57310 GUENANGE - FRANCE
Email : cetam@club-internet.frv
avec l'aimable autorisation de la revue Abeille de France
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LHMF est labréviation usuelle du 5-HydroxyMéthyl-2-Furfural. Sous cette dénomination se cache un dérivé de déshydratation des sucres. |
Ainsi le chauffage du sucre du commerce (le saccharose) dans une casserole pour produire du caramel est une déshydratation dont un des premiers intermédiaires est justement lHMF. Tous les produits alimentaires sucrés et chauffés contiennent cette substance qui, à ces doses, ne présente pas pour lhomme de toxicité particulière.
Ni les nectars ou miellats, ni les miels frais ne contiennent de lHMF. Contrairement aux amylases et à dautres substances présentes originellement dans les miels, la teneur en HMF nest donc pas une propriété intrinsèque des miels. On ne peut donc pas lutiliser comme moyen pour en déterminer lorigine botanique et cela bien que certains miels « prennent » plus facilement de lHMF que dautres. Par contre, lHMF est une excellente méthode pour en apprécier la qualité. Même non chauffés, les hexoses contenus dans les miels se transforment en HMF au cours dun processus de vieillissement naturel. Sa teneur est donc un très bon indice de dégradation.
La législation
: Le volume 11 du « Codex alimentarius », qui est consacré aux produits
sucrés, précise que le miel ne doit pas posséder une teneur en HMF supérieure à 80
mg/kg. Ce chiffre élevé sexplique par la nécessité de prendre en compte
lensemble des miels produits à léchelle mondiale. Pour des raisons diverses,
certains présentent quelquefois des teneurs en HMF très élevées. Cest souvent le
cas pour les miels tropicaux. Ce qui, à lextrême rigueur, peut se comprendre pour
ces derniers miels (cette législation permet cependant de nombreux abus) ne trouverait
aucune justification pour les miels produits dans lUnion Européenne pour lesquels
le taux maximum dHMF a été fixé à 40 mg/kg. Cependant, les nombreuses analyses
de notre laboratoire montrent que ces taux élevés sont presque exclusivement rencontrés
dans les miels en provenance des grands circuits de conditionnement. Les miels vendus
directement par les apiculteurs ne dépassent que rarement les 10 mg/kg et pratiquement
jamais les 20 mg/kg. Laugmentation de la teneur légale du taux dHMF dont on
parle quelquefois ne se justifierait que par des arguments commerciaux au détriment de la
qualité.
Dans les concours, sagissant toujours de miels produits dans lannée, il est conseillé de fixer la limite maximale à 10 mg/kg. Dune part, ce chiffre permet déliminer les miels ayant subi dès le départ un chauffage trop important, pour les rendre, par exemple, plus présentables et, dautre part, évite la présentation de miels récoltés dans les années antérieures.
De façon générale, un miel de bonne qualité ne devrait pas dépasser 15 mg/kg. Le cahier des charges concernant la production de miels dits « Bio » (dont on peut discuter lappellation pour dautres raisons) reprend dailleurs ces chiffres puisque pour les miels présentés en fûts ou en vrac le maximum admissible est de 10 mg/kg et pour ceux qui sont conditionnés en pots 15 mg/kg. Quant aux miels dAOC, la teneur maximale a été fixée à 15 mg/kg pour le « Sapin des Vosges » et à 10 mg/kg pour lAOC « Corse » sauf dans ce dernier cas pour les miels de printemps à base de bruyère « Erica arborea » où la limite a été fixée à 12 mg/kg. Il sagit toujours de taux dHMF mesuré au conditionnement.

Le
vieillissement naturel : A température ambiante (20°C) la réaction de déshydratation
des sucres pour aboutir à la production dHMF est très lente. Elle est
dautant plus rapide que les miels sont plus acides, cest-à-dire que leur pH
est plus bas. Ainsi, des miels de sapin ou de châtaignier, dont le pH est voisin de 5 et
quelquefois supérieur (quelquefois voisin de 6 pour les châtaigniers), vieillissent bien
et ne produisent que très lentement de lHMF. Au contraire, certains miels de fleurs
qui peuvent avoir des pH compris entre 3 et 4 sont beau-coup plus fragiles et vieilliront
rapidement (par exemple miels à dominante « trèfles »).
Linfluence
du chauffage : Les questions qui me sont le plus souvent posées à propos de la teneur en
HMF sont les suivantes : A quelle température puis-je chauffer mon miel pour quil
reste dans les limites légales ? Pendant combien de temps puis-je le maintenir à telle
ou telle température pour quil reste dans ces mêmes limites légales ? Impossible
de répondre de façon simple à de telles questions. Les principes suivants sont
cependant à retenir :
En pratique, en cas de chauffage du miel, seul un contrôle de laboratoire permet de savoir si le miel reste conforme à la législation. La mesure la plus couramment employée utilise une réaction colorée dautant plus intense que le miel contient de lHMF. Lintensité de la coloration est quantifiée grâce à un spectrophotomètre. Le dosage peut également seffectuer par chromatographie.
Paul SCHWEITZER, CETAM Lorraine, Laboratoire dAnalyses et dÉcologie
Apicole
1A, rue Jean-Baptiste-de-la-Salle, F-57310 GUENANGE - FRANCE
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