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A.N.E.R.C.E.A.
Association Nationale

des Eleveurs de Reines
et des Centres d'Elevages Apicoles
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punaise.gif (183 octets)"Notre apiculture se fait avec une race d’abeille pure, comment est la CARNICA d’origine, et comment exploiter au maximum ses possibilités"

JOURNEE D’ETUDES
19, 20 et 21 novembre 1998
Lycée agricole – Les Vaseix – Route d’Angoulême - LIMOGES

Intervenant : Pr Pavlé Zdesar, Expert auprès du Ministère de l’Agriculture Slovène pour les recherches sur la Carnica, Journaliste à la revue apicole slovène " Slovenski Cebelar ", Membre de l’Office National pour la Sélection de la Carnica
Jamova 80 - SI 1000 LJUBLJANA/ SLOVENIE

Invité par la S.C. La Carniole, "Import de reines Carnica de Slovénie"
19 allée du Gros Chêne, F-63910 CHIGNAT - FRANCE


Tout apiculteur a pour but de travailler avec les meilleures abeilles, celles qui lui apportent un maximum de produits de la ruche et de bénéfice dans la pollinisation avec les frais les plus bas, le moins de travail possible, et sans surconsommation de nourriture.

Et aussi enfin que ces abeilles ne piquent pas et qu’elles soient les plus douces et non agressives possible.

Il est établi que les hybrides et les races croisées donnent des résultats meilleurs que la moyenne la première année, mais les générations suivantes se transforment souvent en catastrophe.

Cela oblige l’apiculteur à n’acheter que des hybrides de première génération et cela pose évidemment des difficultés et crée une dépendance.

En Slovénie d’après les expériences anciennes et les recherches récentes, nous sommes arrivés à la conclusion que pour notre pays la meilleure abeille est la CARNICA native du pays.

En comparant les expériences dans les autres pays, nous arrivons aussi à la conclusion que la meilleure race d’abeille pour les apiculteurs est surtout celle qui s’adapte au mieux au climat et à l’écotype de l’abeille correspondant le plus à l’origine du pays.

Ces derniers temps il y a beaucoup de publicité sur les hybrides, mais cela correspond uniquement à un but purement commercial, sans se préoccuper de l’aspect professionnel, mais la vérité ressort plus vite que prévue.

Les apiculteurs professionnels doivent reconnaître au plus vite quelle est la race d’abeille la plus intéressante pour eux.

Le mieux est de travailler avec une race pure et locale.

L’abeille autochtone peut convenir si elle correspond à vos souhaits, mais il faut éviter d’utiliser les races croisées ou les hybrides car en général très agressives et peu productives.

Par contre il est très recommandé et souhaitable de renouveler les reines, mais pas de la même lignée sans filiation possible, car avec cela dans la pratique on peut conserver et sélectionner les meilleurs exemples, et ainsi nous pouvons empêcher la consanguinité.

De bons résultats sont obtenus avec le croisement de différents écotypes de la même race d’abeille.

Avec une utilisation d’une bonne technologie apicole on peut renforcer l’efficacité de la race ou de l’écotype.

Il est même possible avec les moyens technologiques actuels de diminuer dans une grande mesure les faiblesses de la race d’abeille.

Dans le monde quatre races d’abeilles mielleuses sont intéressantes pour l’apiculteur :

En comparaison avec d’autres races d’abeilles butineuses, ces quatre races excellent surtout par leurs propriétés économiques, par leur capacité de butinage de produits apicoles, de pollinisation et possèdent une bonne capacité d’adaptation au milieu.

Elles sont faciles en ce qui concerne l’élevage et s’adaptent dans la majorité des cas à l’apiculture… et c’est la carniolienne qui s’adaptent encore au mieux dans son nouveau milieu.

Par ex: dans za zone subtropicale africaine, dans le désert égyptien, en Europe Centrale et même dans la sphère polaire du Nord de la Suède. Ces quatre races se distinguent aussi entre elles, et elles ont aussi des écotypes différents.

L’abeille noire se trouve des Pyrénées par tout le continent européen en allant jusqu’à Vladivostok. C’est pour cette raison que chez elle on parle de beaucoup de sous-races et énormément d’écotypes.

La carniolienne - la grise se retrouve essentiellement, dans les provinces autrichiennes de la Styrie et de la Carinthie, sur les territoires de la plaine Panonienne (Slovaquie, Hongrie, Roumanie) jusqu’aux sommet des Tatras, des Carpates et des Rhodopes jusqu’à l’Adriatique.

La véritable origine de la Carniolienne est l’actuelle SLOVENIE, l’ancienne province romaine CARNIOLA, ancienne duché de KRAIN,

ou aussi appelées à l’époque les provinces napoléoniennes de l’ILLYRIE. C’est pour cette raison l’expression anglo-saxonne CARNIOLAN BEE, ou allemande Krainer Biene, et en Europe Centrale KRANJICA.

C’est dans le centre de la Slovénie que se trouve le point de rencontre des quatre écotypes de la Carnica, et on y trouve les conditions idéales et naturelles de sélection.

L’abeille jaune italienne est naturellement limitée sur la péninsule des Apennins et ce sont les Alpes au Nord qui ont empêché sa prolifération naturelle sur le reste du continent. Elle n’est pas seulement limitée par des obstacles géographiques.

Son expansion est limitée au Nord par l’abeille noire et à l’Est par la Carniolienne. A la frontière avec la Carnica s’est développé un bâtard naturel (dans une bande large de 50 km Friul), mais possédant des qualités acceptables.

La caucasienne a son lieu d’origine très limité, dans les montagnes de la Géorgie où elle est sombre avec des poils gris, par contre dans les plaine bordant la Mer Noire elle a des anneaux jaunes. Corporellement elle est plus faible que la Carniolienne ou la Ligurienne et cette caractéristique se remarque encore plus par rapport à la noire.

QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES DE LA CARNIOLIENNE DE SLOVENIE ?

La Slovénie est le seul pays qui a tous les quatre écotypes, car c’est en Slovénie que se trouve le point de rencontre naturel du monde alpin, panonien, méditerranéen et dinaro-karstique. Sur la ligne au nord de Postojna - Maribor se trouve l’écotype alpin de la Carnica, à l’est de la ligne Novo-Mesto - Maribor c’est l’écotype panonien, sud de Postojna en passant par Ljubljana - Novo Mesto c’est l’endroit de l’écotype dinaro-carstique, et à l’ouest de Postojna jusqu’à la côte de l’Adriatique on retrouve l’écotype méditerranéen.

Comme partout dans le monde la nature a sélectionné elle-même la race d’abeille en lui donnant un cachet génétique, d’après lequel l’abeille s’adapte et lutte pour la survie de sa race.

De tous les pays voisins, la Slovénie a les pires conditions changeantes de butinage, un relief très escarpé, la flore et la faune très diversifiées (les ours cohabitent avec les cigognes), une grande variétés de sols, au point de vue hydrométrique et météorologique avec des vents qui peuvent se modifier très vite. Ces changements météorologiques sont imprévisibles, toujours changeants et cela durant toute l’année. On peut avoir à Noël de +15 °C comme aussi -25°C, et au mois d’août quelquefois 10°/12°C.

A travers ce pays qui est un corridor météorologique très particulier :

Il est sous l’influence de la Méditerranée, des Alpes, de la plaine Panonienne et des montagnes Dinariques, influencé par un mélange de front atlantique et du climat continental euro-asiatique, et d’imprévu arrivant des sables chauds rouges du Sahara.

Ces influences climatiques sur un territoire qui n’est pas plus grand que 2 millions d’hectares donnent force à la faune.

C’est ici que l’on voit que la nature est un sélectionneur impitoyable, et la majorité des miels proviennent de la manne (feuillu et conifères) et lui donne encore plus la force de s’adapter pour survivre à ce climat rude.

Dans ce pays l’abeille a été étudiée par des scientifiques de renommée mondiale, comme F. Benton en 1885, ensuite Goetze, Ruttner, le frère Adam, Townsend et beaucoup d’autres. Ils ont vécu en Slovénie plusieurs années.

Dans l’exploitation professionnelle apicole ZDESAR, c’est à dire chez moi, nous avons expérimenté dans les années 1982 à 1985 :

et nous avons comparé avec :

Dans les ruches nous avons empêché la sortie de faux bourdons pendant la période d’insémination. Les grandes ruches ont été modulables du point de vue de volume sur le même lieu de transhumance, sur la même remorque et ont bénéficié des mêmes soins.

Résultats

Les races d’abeilles étrangères s’adaptent difficilement à nos conditions climatiques.

En comparant avec la carniolienne, l’abeille italienne a donné de bons résultats uniquement sur les miellées de toutes fleurs et cela tard dans l’été et en automne. Elle s’est très mal comporté sur les miellés de feuillus et les conifères - la récolte n’était pas très bonne.

L’excellence de l’italienne est importante surtout par la grandeur de la colonie en automne, malgré qu’à ce moment il n’y a plus de miellée dans notre pays, comme c’est le cas de la France, et ainsi cette abeille ne peut être exploitée dans ces conditions.

Il faut reconnaître aussi que cette abeille est moins essaimeuse que la Carniolienne, et elle se contente d’une technique apicole plus simple.

La caucasienne a été semblable à l’italienne, mais elle avait un développement printanier plus faible, tandis que durant l’été le colonies ont été très fortes, elle n’essaimait pas, mais elle propolise énormément . En ce qui concerne la population de chaque race, la Caucasienne était en récolte 19% inférieure à l’italienne, et même 37% que la carniolienne. Par contre la Caucasienne était la moins agressive et calme, plus que la Carniolienne, que les Allemands considèrent comme une " race noble ".

La plus grande surprise dans ces expériences a été sur les miellés de conifères durant l’hiver car les deux races supportent très mal l’hivernage. Toutes les ruches avaient pour réserve de nourriture 1/3 de miellat d’épicéa et 2/3 de sarriette. L’endroit d’hivernage se situait à 5 km de la côte maritime, et à 80 m d’altitude de niveau de la mer. L’Italienne et la Caucasienne ont attrapé durant l’hiver la diarrhée et la nosémose et elles s’affaiblissaient dans leur développement.

La Carnica, quant à elle n’a souffert d’aucune maladie et l’hivernage s’est très bien passé.

La raison à cela est que la carnica l’ hiver se repose, contrairement à la Caucasienne qui pond assez tard en automne, et l’Italienne, même dans des conditions difficiles a en hiver jusqu’a 2 dm² de larves, consomme plus et fatigue ainsi son organisme.

La Caucasienne et l’Italienne sont très faible butineuse sur les miellats, et dans la réserve d’hivernage ne doivent avoir des résidus de miellats. L’italienne consomme trop pendant l’hiver, ce qui ne peut être acceptable que dans les pays ou les miellées sont excellentes et tardives.

Durant les expériences et comparaisons entre plusieurs années de races d’abeille en comparant avec les écotypes de la Carniolienne, j’arrive à la conclusion que je ne serai apiculteur qu’avec la Carnica autochtone.

Nos expériences nous ont mené aux conclusions suivantes :

Comment empêcher l’essaimage?

Il ne faut pas empêcher la colonie dans son développement, pour que les jeunes abeilles puissent travailler au maximum, afin d’avoir les familles les plus fortes.

Si toutes ces conditions sont réunies la Carnica se présente sous son meilleur jour - elle est la meilleure butineuse, et plus particulièrement sur les miellats

De plus :

Si on compare les propriétés des abeilles expérimentées, avec la même quantité de sujet, la Carniole possède de meilleurs atouts à tous les points de vue :

Conclusion

Pour bien exploiter la Carnica il faut avoir avant tout un sens et une pratique de l’observation, et l’apiculteur doit veiller à un élargissement précis et progressif du corps de la ruche (un élargissement trop rapide peut nuire à l’abeille, et un élargissement tardif et insuffisant provoque l’essaimage), l’abeille doit bâtir et les jeunes abeilles doivent être obligatoirement occupées, et butiner pour que les colonies s’adaptent sur tous les types de miellées. . L’apiculteur doit régulièrement échanger les reines, entretenir les cadres avec la cire et prendre des précautions par rapport aux maladies.

La Carnica est avant tout une abeille un peu plus exigeante que les autres races surtout en période d’essaimage, mais l’apiculteur averti et consciencieux obtiendra toujours satisfaction avec cette abeille qui lui rendra son effort.


post_it.gif (274 octets) A.N.E.R.C.E.A.
Domaine du Magneraud
B.P. 52
F-17700 Surgères
FRANCE
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