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L’élevage des reines au Mexique par Gilles Fert Comme dans tous les grands pays producteurs et exportateurs de miel, l’élevage et la sélection des reines sont devenus une discipline apicole incontournable au pays des pyramides. Dépendant depuis longtemps des importations de reines du grand voisin les États-Unis, nos collègues Mexicains ont su depuis quelques années mettre en place une production de qualité répondant à la moitié de leurs besoins. |
Situé
au delà du Rio Bravo, au Sud des États-Unis, le Mexique est un grand pays de
par sa taille ( 3,5 fois la France), mais aussi de par son dynamisme et son
influence régionale.
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Quelques chiffres : Population : 103 millions Densité 50 hab/km2 |
On distingue cinq grandes régions géographiques aux particularités apicoles bien distinctes :
La péninsule du Yacatan, première région apicole du pays, qui exporte pratiquement toute sa production vers l’europe. Miel de qualité tropical principalement constitué du Tajonal (Viguiera dentata) et du Tzil Tzil Che (Gymnopodium antigonoides).
Le Golf du Mexique au potentiel de production important et qui produit un miel ambré. Région qui fait appel également à de nombreuses ruches pour la pollinisation des cultures.
La côte Pacifique avec un miel beaucoup plus clair composé principalement de la Campanilla (Ipoma triloba) à la cristallisation très fine. On y trouve également l’avocatier au miel foncé et au goût très fort.
Les hauts plateaux du centre produisant un miel multifloral, ambré et parfumé.
La région Nord avec l’arbre national, le Mezquite (Prosopis juliflora) produisant en abondance un miel ambré à la cristallisation fine. C’est également la région de production du célèbre miel d’oranger reconnu sur le marché international.
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Le Mexique n’a pas attendu l’arrivée des conquérants Espagnols et de leur abeille européenne pour produire du miel. Depuis toujours, les Mayas savent profiter de la richesse de la flore locale en récoltant les nids de melipones , l’abeille sans dard. Lorsque Hernan Cortés débarque avec son armada en 1519, il découvre des ruchers constitués de plusieurs centaines de troncs évidés disposés horizontalement sous des abris de palmes ( photo 3) Cette « meliponiculture » est symbolisé par la représentation des deux statues Maya vénérant la ruche et l’abeille ( photo 1-2).
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L’abeille
tueuse
On estime l’introduction de l’abeille noire européenne ( A.mellifera
mellifera) par les Espagnols vers 1760. C’est en 1911 que les premières
abeilles jaunes italiennes ( A.mellifera ligustica) sont introduites. Plus
récemment, l’abeille africanisée venu du Brésil est apparue en 1986. Cette
abeille issue du croisement indésirable de l’abeille noire dite « créole » (
A.mellifera mellifera) avec l’abeille africaine ( A.mellifera scutellata) a
bouleversé les pratiques apicoles de par son agressivité. Le pays a perdu la
moitié de son cheptel en quelques années, avant que les apiculteurs changent
leurs méthodes de travail et reconstruisent petit à petit une économie
autour de l’apiculture.
Aujourd’hui, 40 000 apiculteurs se partagent les 1,9 millions de ruches. Ils
produisent 56 000 tonnes de miel pour une exportation de 26 000 tonnes
essentiellement vers l’europe. Comme partout, le principal souci reste le
varroa. Quant au petit coléoptère l’aetina tumida, il guette à la frontière
des États-Unis.
L’apiculture
moderne
C’est en 1930 à Jumiltepec dans l’état de Morelos, que les techniques
modernes de production furent appliquées par les frères Sanchez. Cette
exploitation donna naissance à une grande structure appelée Miel Carlota
située dans la région de Cuernavaca. En 1980, Miel Carlota produisait déjà
80 000 reines pour sa propre consommation et un peu pour la vente.
Aujourd’hui, l’apiculture est jeune, dynamique et en plein développement.
Elle n’est pas mécanisée vu le coût de la main-d’œuvre peu élevé. La
pollinisation intervient de plus en plus dans le revenu des exploitations.
Principalement appelés pour l’avocatier (12000 colonies à 30 €) , les
apiculteurs déplacent également les colonies sur les pommiers (30000
colonies à 40 €), les orangers et toutes sortes de cucurbitacées pour un
prix variant de 18 à 38 €.
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La production moyenne annuelle par ruche est de 30 à 45 Kg . Le miel se vend
principalement en fût de 300 kg au prix international allant de 1 € à 2.5 €
/kg suivant l’origine florale. Le modèle de ruche utilisé est Langstroth.
Un collège agricole de Veracruz dispense une formation de qualité, basée sur
l’apiculture pratiquée avec l’abeille africanisée, depuis peu, un module est
d’ailleurs consacré à la meliponiculture.
L’élevage
des reine
Les autorités sanitaires ont reconnu récemment qu’il sera impossible
d’éradiquer complètement l’abeille africanisée. Tout récemment, les services
sanitaires officiels sont allés jusqu’à éliminer 34 000 essaims de ces
abeilles agressives.
Deux solutions s’offrent aux apiculteurs :
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élever et sélectionner une africanisée plus douce et productrice de miel |
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continuer à importer des reines de races européennes, fécondées naturellement ou des souches inséminées afin de maintenir une pression génétique par les mâles qui véhiculent un comportement de douceur. |
On observe depuis quelques années, que de plus en plus d’apiculteurs
professionnels substituent les reines africanisées soit par des reines
européennes produites localement ou achetées aux États-Unis, soit par des
reines d’élevages issues de souches inséminées.
L’association nationale des éleveurs de reines est composée de 35 membres,
dont 25 ont obtenu leur certificat de qualité génétique et sanitaire leur
permettant de vendre leurs reines avec un label. Deux de ces membres
produisent également des souches inséminées destinées à la reproduction des
reines. L’ensemble des membres de cette association produit environ 250 000
reines chaque année.
En parallèle, 15 éleveurs de reines non affiliés à l’association produisent
annuellement 100 000 reines. La quantité de reines produite par les
producteurs de miel pour leur propre utilisation est estimée à 20 000.
Le gouvernement a mis en place des ruchers d’élevage destinés aux
populations indigènes de la région du Yucatan et Campeche. Ils produisent et
distribuent jusqu’à 30 000 reines chaque année.
50 000 reines provenant des États-Unis ont été importées cette année,
principalement pour satisfaire les apiculteurs se consacrant à la
pollinisation. L’association des éleveurs suppose que les importations vont
s’arrêter d’elles mêmes en 2008 étant donné l’augmentation de 100% du prix
des reines.
La
méthod
Aujourd’hui, les méthodes d’élevage sont comparables d’un pays à l’autre. On
observe seulement de petites variantes en fonction, de la race utilisée, des
conditions environnementales et de la quantité de reines produites.
Le Mexique n’échappe pas à ces règles. La plupart des éleveurs Mexicains ont
appris ou sont en contact étroit avec leurs collègues nord-américains. Par
conséquent, les techniques d’élevage pratiquées sont identiques.
Les souches reproductrices viennent des meilleurs sélectionneurs
états-uniens ou des centres de sélection. Ce sont principalement des souches
italiennes ( A.m.ligustica) ou plus rarement des canioliennes ( A.m.carnica)
ou caucasiennes ( A.m.caucasica).
La production des cellules royales se fait également avec des starters et
finisseurs issus de ces souches, ce qui facilite énormément les taux
d’acceptation et les manipulations. Certes, il est toujours possible
d’élever des reines avec des africanisées, mais l’agressivité rend le
travail particulièrement difficile.
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Les cupules greffées sont parfois introduites directement dans la partie
orpheline du finisseur vertical, sans passer par l’étape starter. Les taux
d’acceptation sont de 90% en moyenne, et les cellules sont bien développées.
On suppose que la qualité est acceptable.
Pour les fécondations, l’utilisation des petits nucléi d’un volume d’1/4 de
hausse sont les plus fréquemment utilisés. Un taux de récolte de 80% au
minimum de reines en ponte démontre une bonne maîtrise de la technique
d’élevage. Le seul point faible serait peut-être le peu d’élevage de mâles
dans la zone de fécondation, effectué à partir des ruches sélectionnées.
Toutes ces reines sont écoulées sur le marché local à un prix moyen de 10 €.
Près
de la plage
Lors du dernier symposium Apimondia sur l’insémination artificielle et
l’élevage des reines à Sofia en Bulgarie, le Mexique s’est spontanément
proposé pour accueillir et organiser la prochaine rencontre. C’est ainsi que
du 15 au 19 octobre 2008, les éleveurs Mexicains attendent plus de 2000
éleveurs du monde entier dans l’un des endroits les plus remarquables du
pays : Nuevo-Vallarta. Trois journées de conférences techniques et
scientifiques seront consacrées aux reines et leur élevage. Les
organisateurs s’en font un défi en fixant le droit d’entré à 100 € maximum.
Ces journées d’échanges seront suivies d’une journée de visite de ruchers
d’élevages et de découverte de la région tropicale.
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2ème Symposium international APIMONDIA sur l’élevage des reines et l’insémination
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Pour en savoir plus FERT G. 2004 revue Abeilles et Fleurs Ces abeilles qui ne piquent pas |
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Gilles FERT
64300 Argagnon
www.apiculture.com/fert/
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