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Gaucho - Septembre 2002 - France
Quelques infos importantes


Evaluation des risques pour les abeilles de l'imidaclopride
Conclusions du rapport de Jean-François Narbonne
, professeur de toxicologie, université de Bordeaux 1.

" On peut donc conclure que les niveaux résiduels d'Imidaclopride dans les parties florales et notamment les pollens, issus de cultures (tournesol et maïs en particulier) traitées par le Gaucho, sont clairement situés dans la zone des teneurs susceptibles de provoquer des effets biologiques néfastes (comportement, mortalité retardée) expliquant les dépopulations des colonies d'abeilles. De plus, l'ensemble des informations disponibles sur les effets potentiels des contaminants et résidus (y compris les métabolites) pouvant se lier aux récepteurs nicotiniques, est de nature à générer une réflexion de l'AFSSA sur leur présence dans l'alimentation de l'homme, justifiant éventuellement une DJA de groupe. "


Bayer CropScience France
18 septembre 2002
Communiqué de presse


SITUATION INCHANGEE POUR GAUCHO

Bayer CropScience tient à préciser que le Commissaire du Gouvernement n’a pas recommandé la suspension du Gaucho dans son rapport rendu public le 16 septembre dernier au Conseil d’Etat.

Bayer CropScience se satisfait de cet avis qui reflète les résultats de ses études et de celles menées par des instituts scientifiques indépendants qui prouvent l’absence de risques pour les abeilles du traitement de semences Gaucho.

Le Commissaire du Gouvernement a confirmé l’autorisation de mise sur le marché du Gaucho sur betterave et a conclu également à l’absence de risque pour les abeilles liés à la rémanence du Gaucho dans le sol. Il a demandé que le Conseil d’Etat propose au Ministre de l’Agriculture de se prononcer à nouveau sur l’utilisation du Gaucho sur maïs pour répondre à la demande de certains apiculteurs.

Au vu des résultats positifs des nombreuses études menées en France et partout dans le monde et de l’intérêt du traitement de semences Gaucho, innovant et respectueux de l’environnement, Bayer CropScience est convaincue d’une suite favorable dans ce dossier et attend sereinement la décision définitive du Conseil d’Etat.

Bayer CropScience confirme à nouveau son engagement à soutenir le Gaucho et à participer à toutes les démarches visant à connaître avec certitude les origines des problèmes apicoles, notamment l’enquête multi-factorielle actuellement en cours.

Pour toute information : contacter Isabelle Casse au 01 49 06 51 65


Communiqué de l'Union Nationale de l'Apiculture Française

Le Conseil d'Etat a examiné ce lundi 16 septembre la requête des apiculteurs tendant à l'annulation de l'AMM Gaucho.
La séance s'est tenue à 14 heures, salle du Contentieux du Conseil d'Etat.
Suite au rapport de M. Derepas, maître des requêtes, M. Seners, maître des requêtes et commissaire du Gouvernement, a demandé au Conseil d'Etat :
- L'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'Agriculture a refusé à l'UNAF d'interdire le Gaucho.
- De donner injonction au Gouvernement de retirer l'AMM dans un délai de 3 mois suivant l'arrêt du Conseil d'Etat.
L'arrêt sera rendu prochainement.
Ce succès s'inscrit dans le cadre des actions juridiques menées par l'UNAF, instruites par maître Bernard Fau, avocat à la Cour, à Paris.
Cette décision du commissaire du Gouvernement constitue une étape essentielle dans la lutte que poursuivent les apiculteurs, pour l'environnement et au nom de l'humanité, contre l'utilisation des produits insecticides dits systémiques, dont la toxicité avérée est largement démontrée par les laboratoires CNRS et INRA et reconnue aujourd'hui par le Conseil d'Etat, et contre la légèreté des procédures d'homologation des produits phytosanitaires pour leur autorisation de mise sur le marché.


Autres sources des media agricoles :

Conseil d’État : le commissaire du gouvernement demande le retrait du Gaucho sur maïs et tournesol. Le Conseil d’État a examiné le 16 septembre le recours déposé fin 2001 par les apiculteurs contre l’insecticide Gaucho (Bayer). Dans ses conclusions, le Commissaire du gouvernement a demandé le retrait de ce produit sur les cultures de maïs et tournesol au plus tard trois mois après l’arrêt du Conseil d’État qui devrait être rendu avant fin septembre. Cependant, en cas de retard du gouvernement à prendre des décisions, aucune astreinte n’est prévue. L’utilisation du Gaucho sur tournesol a été suspendue en 1999 et cette suspension a été renouvelée en 2001 jusqu’en 2003. En revanche, le ministre de l’Agriculture a prononcé la réhomologation du Gaucho sur betterave et maïs début 2002 pour une durée de 10 ans. Au ministère de l’Agriculture, on fait savoir que l’on attendra de connaître les termes de l’arrêt du Conseil d’État avant de s’exprimer.


La ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Roselyne Bachelot, souhaite l'interdiction du Gaucho sur toutes les cultures. « Les effets sur les abeilles sont clairement démontrés » a déclaré la ministre dans un interview à Agra, décidant ainsi de prendre part au débat actuel sur la responsabilité des produits phytosanitaires dans les phénomènes de dépopulation des abeilles. La ministre souhaite que « le principe de précaution soit appliqué dans toute sa rigueur » sur le dossier des phytosanitaires et ce, « en collaboration avec le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard ». « La ministre que je suis ne sera pas en contradiction avec la députée que j'ai été, et qui a instamment plaidé pour l'interdiction du Gaucho, du Régent et d'autres substances associées. A défaut, vous me renverriez aux interventions que j'ai faite et vous auriez bien raison » a-t-elle affirmé.


Face à la mise en cause croissante des produits phytosanitaires dans les phénomènes de dépopulation des abeilles, les FDSEA des Deux-Sèvres et de Vendée viennent de proposer de suspendre pendant trois campagnes l'utilisation du Gaucho de Bayer (matière active : imidaclopride) et du Régent de Rhône Poulenc (fipronil). Cette suspension concernerait le tournesol, le maïs et les céréales à paille. Cette initiative a été reprise par la FNSEA qui en a fait état lors du colloque de l'Afssa, le 10 septembre, consacré aux abeilles. Mise à l'ordre du jour du bureau du syndicat 1e 11 septembre, cette proposition doit obtenir l'aval des associations spécialisées (AGPM, les betteraviers et céréaliers) et des organismes économiques collecteurs (coopération et négoce) « afin que tout le monde joue le jeu ». Cette initiative permettrait de déterminer la responsabilité réelle ou non des deux insecticides grâce à une expérimentation « grandeur nature ». L'objectif est de mesurer l'évolution du niveau de la production apicole.


Jean-François Narbonne, expert en toxicologie et membre de l'Afssa, demande que des études soient réalisés pour mesurer les effets des résidus de Gaucho sur l'homme. « L'ensemble des informations disponibles sur les effets potentiels des contaminants et résidus (...) est de nature à générer une réflexion de l'Afssa sur leur présence dans l'alimentation de l'homme, justifiant éventuellement une dose journalière admissible », écrit-il dans un rapport nommé « l'évaluation des risques pour les abeilles de l'imidaclopride ». M. Narbonne évoquera ce sujet fin septembre lors d'une réunion du Comité d'expert spécialisé sur les risques physiques et chimiques de l'Afssa. Au-delà de l'imidaclopride, ces études concerneraient des produits (organo-phosphorés, PCB, dioxines...) qui, notamment, freinent le développement du cerveau au moment de sa formation chez les mammifères. Pour ce qui est des abeilles, le rapport conclut que les teneurs en résidus auxquelles elles sont exposées peuvent entraîner des dépopulations de ruches. Réalisé à la demande de l'Union nationale des apiculteurs de France (Unaf), il est destiné à éclairer le Conseil d'État qui examinera le 16 septembre un recours déposé fin 2001 par l'Unaf, suite au refus du gouvernement de retirer l'autorisation de mise sur le marché (AMM) du Gaucho sur toutes les applications culturales. Le Gaucho a été ré-homologué pour 10 ans en janvier 2002.


Abeilles contaminées: un insecticide en cause

Par Nicolas BASTUCK

Paru le : 13/09/02 (Lorraine / L'Actualité)

Chaque année depuis quatre ans, Florent Leg, apiculteur au pays des Trois-Frontières, voit ses ruchers décimés par une molécule très toxique utilisée dans les vignobles. De guerre lasse, il envisage aujourd'hui de saisir la justice. 

APACH.- "Contrairement aux idées reçues, les abeilles ne sont pas les esclaves de l'éleveur, l'un et l'autre travaillent ensemble. Alors, quand vos abeilles sont pleines de vie et qu'un beau matin, vous découvrez des centaines de cadavres jonchant le sol et le plancher de vitalité, le choc est violent. Sans même parler du préjudice financier...". 

Voilà quatre ans que Florent Leg, apiculteur professionnel à Apach (pays des Trois-Frontières), se désole en assistant chaque année, impuissant, à l'empoisonnement de ses colonies. "La première fois, c'était en 1998, à la mi-juin. Une mortalité massive et inexpliquée s'était produite dans une centaine de ruches de mon exploitation". Le même phénomène devait se reproduire un an plus tard, et en l'an 2000 encore. "Très ensoleillé, le printemps avait favorisé un développement remarquable des colonies. Début juin, mes ruches avaient fini de récolter le miel d'acacia et étaient prêtes pour la transhumance sur le châtaignier et le tilleul. En faisant le tour de mes ruchers, à Contz-les-Bains et Apach, je découvris l'ampleur du massacre: des millions d'abeilles mortes jonchaient le sol. Certaines s'agitaient comme des folles avant de mourir. Devant les ruches, les gardiennes essayaient de refouler les butineuses contaminées". 

Contre le ver de la grappe 

Multipliant à ses frais les analyses, Florent Leg parvient à déterminer l'origine de la contamination: le parathion-méthyl, une molécule extrêmement toxique, y compris pour l'homme, utilisée comme insecticide. "Le CNEVA, un laboratoire spécialisé de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), a révélé la présence de cette substance dans les cadavres que je lui avais fait parvenir", témoigne l'apiculteur. "J'ai cherché dans la zone de contamination une source potentielle, et ce jusque dans la moindre friche. Je me suis rendu dans les vignes où un viticulteur m'a expliqué avoir effectivement traité ses terres contre le ver de la grappe, à l'aide de différents produits dont le parathion-méthyl". Le producteur court à la gendarmerie. "On m'a expliqué qu'il était difficile d'intervenir, sachant que les parcelles sont très nombreuses en France mais aussi côté luxembourgeois et allemand, celles-ci n'étant pas forcément exploitées par le propriétaire...". 

Et ce qui devait arriver arriva, les mêmes causes continuant à produire les mêmes effets: vingt-quatre ruches décimées, un beau matin de juin 2001, à Contz-les-Bains. "Attiré par un nuage de fumée blanche, j'ai croisé un tracteur qui pulvérisait sa parcelle, située à quelques dizaines de mètres de mon rucher. Le viticulteur a refusé de me dire avec quoi il traitait, se payant le luxe de m'envoyer promener". Nouvelle plainte (classée sans suite), nouvelles analyses... Cette fois, l'assureur de M. Leg refuse de l'indemniser: revêtant un caractère "répétitif" depuis 1998, les sinistres ne peuvent plus être, selon la compagnie, considérés comme "accidentels". 

"N'ai-je pas le droit de vivre de mon travail?", se désespère l'intéressé, qui, de guerre lasse, a fini par saisir un avocat. 

Risques sanitaires

"Le parathion-méthyl est apparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la faveur de recherches sur les gaz de combat neuro-toxiques. C'est un produit extrêmement nocif, de nombreux cas de décès par empoisonnement ont été répertoriés. Faut-il attendre qu'il y ait mort d'homme pour intervenir dans notre région?", interroge M. Leg. Son conseil messin, Me Thomas Hellenbrand, a écrit il y a quelques semaines au préfet pour signaler les "désordres" intervenus dans les ruches, mais aussi les "risques sanitaires" que ces pulvérisations faisaient courir à la population. "Une expertise approfondie apparaît nécessaire", a répondu le cabinet. Sans exclure un arrêté interdisant l'utilisation de cet insecticide, le préfet insiste sur la "complexité du dossier", dès lors que "l'utilisation du produit s'étend simultanément au vignoble français, allemand et luxembourgeois". La préfecture espère trouver une "solution durable pour la prochaine campagne 2003". L'apiculteur et son avocat aimeraient bien le croire...

Nicolas BASTUCK


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