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Du miel pour adoucir le débat sur les OGM

Les plantes génétiquement modifiées pourraient aussi servir à la production de médicaments. Des chercheurs hollandais travaillent sur un miel thérapeutique.

Du nectar au miel, les protéines passent directement, sans être digérées par l’abeille. C’est à partir de ce constat, établi à cause d’un antifongique de la bruyère retrouvé dans des marques commerciales de miel, que les chercheurs hollandais du Centre de recherche en culture et reproduction des plantes de Wageningen ont eu l’idée de faire butiner des abeilles sur des plantes génétiquement modifiées. But de la manipulation : produire des médicaments plus simples et plus agréables à ingérer, puisqu’il suffirait de manger une cuillerée de miel.

Dans une première étape, les chercheurs ont nourri les abeilles avec une solution sucrée contenant de la sérumalbumine bovine, une protéine couramment utilisée dans les expériences de biologie. Ils ont effectivement constaté qu’ils la retrouvaient intacte dans le miel, mais surtout, qu’elle était doublement concentrée. Des résultats convaincants qui ouvrent la voie à la deuxième étape, actuellement en cours.

Les scientifiques ont entrepris de modifier le génome du pétunia de manière à lui faire produire un vaccin contre une maladie du chien causée par le parvovirus. Si les abeilles parviennent à produire un miel riche en vaccin, "le chien pourra le recevoir par voie orale en mangeant du miel, ou bien le vaccin sera purifié et injecté", a expliqué le biologiste Tineke Creemers au magazine britannique New Scientist.

Conscients de la polémique qu’a générée l’arrivée des OGM en Europe, les chercheurs ont pris soin de cultiver les plantes dans une serre close, de manière à minimiser les risques de dispersion de pollen à l’extérieur. Ils ont utilisé des bourdons, insectes considérés comme mieux contrôlables dans un environnement confiné.

L’expérience achevée, les biologistes n’auront plus qu’à vérifier la bonne conservation des protéines au sein des sucres qui constituent le miel. S’il s’avérait qu’elles n’ont pas besoin de réfrigération, le miel pourrait être utilisé pour des campagnes de vaccination dans les pays tropicaux.

Corinne Manoury
25/06/1999


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