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Made in TAIWAN |
Formosa la belle..........
Grande comme la Hollande, et située à 200 km des côtes de la Chine Populaire, lîle de Taiwan anciennement Formose est un peu à lécart des routes du Sud-Est Asiatique.
Son isolement politique ne favorise pas les échanges. Boudée par les touristes, et peu vantée par les agences de voyage, il faut vraiment avoir un but apicole pour se rendre dans cette merveilleuse île tropicale véritable paradis pour producteur de gelée royale.
La bibliographie apicole ne fait état daucun article ou reportage en Français comme en Anglais sur lapiculture dans ce pays. La découverte en est donc totale.
Deuxième ressource agricole du
pays..........
Ils sont environ un millier dapiculteurs professionnels pour une population de 21 millions dhabitants à vivre de labeille.
Si lexcellent miel de longane (Euphoria longana) justifie une transhumance dans le sud de lîle, cest avant tout de la production de gelée royale que nos collègues Taiwanais dégagent leur revenu. Cela fait de lapiculture la deuxième production agricole du pays à lexportation après le thé et devant la sériciculture et les agrumes.
La relation homme-abeille existe depuis toujours. En effet, labeille locale native (Apis cerana) abonde dans lîle où lapiculture de cueillette faisait partie des traditions. Cette abeille locale qui par ailleurs est porteuse du varroa mais dont elle sait limiter linfestation par épouillage, produit un miel très recherché et vendu 10 fois plus cher que celui produit par labeille Européenne. La production à la ruche est deux fois plus faible, environ 10 kg. On observe actuellement un intérêt de la part des amateurs pour cette petite abeille particulièrement attachante et peu agressive. Elle sadapte très bien dans nos ruches à cadres, mais peut subitement déserter si on lenfume trop. Il nest pas rare de rencontrer ces petites abeilles dans les nombreuses cavités des temples bouddhistes, leur offrant ainsi un refuge de choix. Afin daugmenter les récoltes, cest vers 1930 que labeille Européenne (Apis mellifera) fut importée dItalie.
La chaleur tropicale plus les 2550 mm /an de précipitation font de lîle une tache de végétation luxuriante au milieu de la mer de Chine. Parmi les principales plantes mellifères on observe : longane (Euphoria longana), litchi (Litchi chinensis), agrumes (Citrus sinensis), sarrasin (Fagopyrum esculentum), larbre à papier (Melaleuca leucadendra). Pour ce qui est des pollinifères: le thé (Camellia sinensis), rhus (Rhus senialata), colza (Brassica campestris).
La pollinisation dirigée se pratique régulièrement sous serre comme en plein champ sur les cultures maraîchères comme les fraisiers, concombres etc.....
1700 larves à lheure............
Le coût de la main duvre assez élevé pour la région (comparable à celui de lEurope), fait que les exploitations apicoles sont toutes de dimensions familiale. De plus, comme partout les jeunes sont de plus en plus attirés par la ville et son industrie florissante où lon ne travaille que 6 jours /semaine.
Donc, notre exploitation type est composée de 200 à 250 ruches conduites par lhomme, la femme et parfois les enfants en période de congés scolaires. La moyenne sera de 600 kg de gelée par saison. Les plus performants rencontrés à lEst de lîle, produisant 950 kg avec 210 colonies ! . Ils travaillent en moyenne 9 h/jour pendant 9 mois à la production de gelée royale. Le reste de lannée est dun rythme moins soutenu, et consacré au miel. Tout cela leur procure un revenu au dessus de la moyenne du pays et permet de vivre loin de la pollution citadine. Ils semblent satisfais de leur sort malgré ces journées bien remplies.
Le cheptel est réparti en 3 ruchers distants seulement de quelques km du domicile. Un petit véhicule bâché fait fonction datelier dans lequel seffectue toutes les opérations de récolte et de greffage à labris du pillage. Une lampe frontale branchée sur la batterie permet de bien voir les jeunes larves sur le cadre de couvain.
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Tous les jours durant ces 9 mois, 1/3 du cheptel est travaillé pour le greffage et la récolte de la gelée royale. 3 ou 4 barrettes de 34 cellules en plastique sont introduites dans chaque ruche. Le transfert des jeunes larves âgées de 2 jours seffectue à laide dune aiguille en bambou au "rythme Asiatique" de 1700 larves/h. par personne, soit le double des performances de nos meilleurs greffeurs européens. |
| Trois jours après, la gelée est récoltée à laide dune petite cuillère en bambou, à une vitesse rivalisant avec nos pompes européennes. En fin de journée, environ 3 à 4 kg de gelée sont récoltés et entreposés dans le congélateur en attendant lexpédition vers le Japon ou lEurope. Trois jours après, ce même rucher subira la même opération. |
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Les ruches sont de type Langstroth 10 cadres, travaillées avec une grille à reine verticale flottante. Deux cadres de couvain dans la partie orpheline sont placés de chaque côté du cadre de barrettes de cupules. A chaque manipulation, un nourrissement systématique au sirop de sucre (fructose-glucose) est effectué (30 kg/ruche/an), et pendant la saison des pluies, un apport en pâte protéiné composé de 50% de pollen de thé ou de colza, 50 % de farine de soja le tout mélangé avec un peu de miel.
Toutes ces colonies sont peuplées dabeilles italiennes (Apis mellifera ligustica) particulièrement douces, et sélectionnées avec succès pendant de nombreuses années pour leur rendement élevé en gelée royale (0.4 g par cellule). Daprès nos collègues taiwanais, le caractère génétique propre à la récolte du miel serait incompatible avec celui de la production de gelée royale.
Concernant les maladies, la varroase est traitée avec des inserts Apistan. Le second soucis de nos collègues taiwanais est la loque américaine. Comme dans les autres pays, ils ont recours aux antibiotiques. Par contre lîle est indemne dacariose et a très peu de nosémose ou de mycoses.
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Si le miel ne représente que 4000 T de production/an, la gelée royale est de plus de 350 T/an. Cela en fait le second producteur après la Chine populaire qui elle en produit 600 T/an avec les mêmes méthodes de travail. 50 % de cette production est exportée vers le Japon et lEurope, le reste consommée localement. |
La gelée taiwanaise réputée de meilleure qualité que celle produite en Chine ou Thaïlande sera vendue plus de deux fois plus cher sur le marché international soit environ 70 US $/Kg. Par ailleurs, il semble que les connaisseurs fassent une différence sur le plan gustatif en fonction du lieu de production. Le type de flore et de miellée pendant la récolte de gelée doit modifier le goût de celle-ci, et il faut reconnaître que celle produite dans la belle île est particulièrement douce et agréable au goût.
600 ruches en avion............
Les techniques de production de la gelée royale furent principalement développées au Japon dans les années 40. Noublions pas que ce pays reste aujourdhui le premier importateur de gelée avec plus de 400 T/an . Puis, le coût de la main duvre devenant de plus en plus élevé, les japonais sont allés former et installer des apiculteurs à Taiwan. Ironie du sort, aujourdhui les taiwanais se retrouvent dans le même cas de figure que les japonais il y a 50 ans et sen vont créer des unités de production en Chine et en Thaïlande pour les mêmes raisons. Cest ainsi que lun des plus importants personnages du monde de la gelée royale en Asie, Mr Chen, a transporté par avion 600 ruches complètes de Taiwan jusquau Nord de la Thaïlande; une grande première. De cette embryon dexploitation a été créée une unité de production de gelée de 2000 colonies appliquant aujourdhui la même recette décrite précédemment.
Au département entomologie et biologie de lUniversité de Taipei, les chercheurs travaillent également sur labeille. Cest ainsi quils ont démontré que la gelée lyophilisée avait perdu la plupart de ces composants. En effet, des jeunes larves nourries avec cette gelée lyophilisée reconstituée ne pouvaient survivre. Les méthodes danalyses se perfectionnent également, et aujourdhui, on peut déterminer avec précision lorigine géographique des gelées.
Un plat de choix.............
La consommation locale de gelée fraîche reste importante avec plus de 150 T/an. La diététique et la médecine chinoise par ailleurs très liées, conseille une alimentation saine et équilibrée favorisant cette consommation. Alors quen Europe on préconise 1 g/jour, en Asie cest pas moins de 10 à 20 g/jour que lon prend le matin à jeun pour ceux qui en ont les moyens financiers.
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Les jeunes larves royales récoltées avant pompage feront le bonheur des grands restaurants. Agées de 3 + 2 jours, les fins gourmets attachés aux traditions les mélangent tout simplement dans une omelette. On peu également en faire une préparation avec du vin. |
En parcourant ces exploitations, on remarque tout de suite une organisation du travail irréprochable. Dautre part, lune des choses les plus remarquables reste le travail de sélection de cette abeille très productive effectuée au cours de plusieurs décennies. Tout ceci, cumulé avec un climat et une flore dessinés sur mesure, fait de Taiwan lendroit idéal pour la production de gelée royale.
| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 10/08/01 APISERVICES - Copyright © 1995-2001 |
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