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U.S.A. |
| Insectes transgéniques : le
législateur américain dépassé par les chercheurs |
Washington 22/01/2004
Parmi les recherches prometteuses, le rapport cite la modification de moustiques pour les rendre incapables de transmettre le paludisme, une maladie qui infecte 300 à 500 millions de personnes chaque année et tue entre un et trois millions de malades annuellement.
Les abeilles peuvent également être
modifiées pour mieux résister aux maladies et parasites
qui ont décimé ces insectes au cours de la décennie
écoulée, selon les auteurs de l'étude.
D'autres chercheurs tentent de
modifier des vers à soie pour les transformer en
mini-usines pharmaceutiques ou leur faire produire des
protéines industrielles, comme celles utilisées pour
produire une substance dérivée de la soie des araignées,
d'une exceptionnelle résistance, utilisée pour les
gilets pare-balles, les parachutes et les ligaments
artificiels.
Les auteurs du rapport soulignent
néanmoins la méconnaissance des effets de tels insectes
sur les écosystèmes, la santé ou la sécurité
alimentaire, une fois qu'ils seront lâchés dans la
nature.
Le succès de certains insectes
modifiés, comme le moustique "anti-palu", est en effet
lié à leurs capacités à se reproduire pour remplacer les
insectes porteurs de la maladie. Mais la prise de
pouvoir de ces insectes hybrides pourrait "aggraver les
problèmes ou en créer de nouveaux", estiment les
experts.
"Il est également possible qu'un insecte génétiquement modifié pour contrôler la transmission d'une maladie ait pour effet involontaire de rendre un insecte capable de transmettre plus efficacement une maladie ou même d'être porteur d'une maladie humaine qu'il ne pouvait pas transmettre auparavant", écrivent encore les auteurs du rapport.
Enfin, prenant l'exemple de la
modification génétique des abeilles, les spécialistes
n'excluent pas que le miel qu'elles produisent soit
également modifié, créant un problème de sécurité
alimentaire.
Pour toutes ces raisons,
l'utilisation d'insectes génétiquement modifiés doit
faire l'objet d'une réglementation préalable à leur
diffusion dans la nature, insiste le centre d'étude Pew
qui souligne l'absence d'autorité claire en la matière
aux Etats-Unis.
Actuellement, le département de
l'Agriculture, l'administration de la sécurité
alimentaire et pharmaceutique (FDA) et l'agence de
protection de l'environnement peuvent se déclarer
compétentes en matière d'organismes génétiquement
modifiés.