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Lorsque la reine est trop âgée, lorsqu'elle est
morte, ou lorsque les abeilles préparent l'essaimage,
apparaissent dans la ruche de curieuses cellules qui ne ressemblent
pas du tout aux autres.
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Elles pendent verticalement en dehors
du rayon, comme un doigt de gant et elles peuvent atteindre la
longueur du petit doigt de la main. À l'intérieur,
se trouve une larve qui repose sur une couche épaisse
de gelée royale. |
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Alors que les larves d'ouvrières
ne reçoivent guère, et seulement au début
de leur vie, que quelques milligrammes de gelée royale,
la larve de reine qui se trouve dans la cellule royale, que je
viens de décrire, en a parfois jusqu'à 250 mg (1/4
de g) à sa disposition. |
C'est grâce à ce régime
que ses ovaires se développeront pleinement, lui permettant
plus tard de pondre plus de 2000 oeufs par jour, pendant toute
sa vie (4 à 5 ans).
Couleur et
goût :
La gelée
royale est une pâte blanchâtre de la consistance
du yaourt, et d'un goût peu habituel, à la fois
acide et brûlant.
Depuis très longtemps, les apiculteurs élevent
des reines et en font un commerce fructueux. Dans certains cas,
elles sont sélectionnées avec soin et inséminées
artificiellement par des mâles dont le pédigrée
est connu. Dans des cupules artificielles en matière plastic
préparées à l'avance et mesurant à
peu près la moitié de la longueur des cellules
royales, on introduit une petite goutte d'une solution de gelée
royale ; puis, une très jeune larve qu'on a prélevée
dans une cellule d'ouvrières.
Les cupules ainsi garnies et rangées serrées sur
des lattes forment des barrettes qu'on introduit, l'ouverture
vers le bas dans une ruche orpheline, c'est-à-dire dont
on a enlevé la reine.
Les abeilles, pour élever de nouvelles reines vont aussitôt
dégorger de la gelée royale dans les cupules, en
les allongeant pour leur donner la dimension d'une cellule royale
habituelle.
Septante-deux heures plus tard, on retire les larves car il n'est
pas question de laisser la larve se développer pleinement
et dévorer la gelée royale. On aspire celle-ci.
Après filtration, la cire est stockée dans des
récipients opaques et gardés au frais en attendant
la commercialisation.
Si l'on admet que chaque cellule contient 200 mg de gelée,
il n'en faut que 5 pour faire un gramme ; or, on en élève
dans chaque ruche plusieurs centaines.
La gelée n'est donc pas rare du tout : elle ne nécessite
qu'un peu de main-d'oeuvre.
Qu'est-ce-que
la gelée royale ?
En gros, c'est
du pollen prédigéré et concentré.
En effet, la gelée royale se rapproche beaucoup de la
composition chimique du pollen. Elle est sécrétée
dans la majeure partie par les glandes pharyngiennes des abeilles
ouvrières.

Composition
chimique :
Elle a été
étudiée par une foule d'auteurs intrigués
par son aspect, et elle nous est bien connue.
Protéines. Le principal constituant
est formé de protéines, qui ressemblent beaucoup
à celles du pollen. Par comparasion avec celui-ci, le
taux brut en protéines se situe à 25-35 % (ce qui
est formidable pour une substance d'origine végétale),
la teneur en protéines de la gelée royale est encore
bien plus forte et peut aller au-delà de 15 %.
Acides
aminés.
Il existe dans la gelée une très grande quantité
d'acides aminés
libres : ce sont les constituants des protéines à
l'état immédiatement assimilable.
Vitamines. La gelée royale
est un véritable concentré de vitamines, mais ce
sont des vitamines du groupe B comme dans le pollen. Les vitamines
A, D et K, sont absentes, n'existent qu'à l'état
de traces. La teneur en acide pantothénique (vitamine
B6) est énorme, et bien plus forte que dans le pollen.
Matières
grasses.
Elles sont peu abondantes dans la gelée royale et varient
suivant l'âge de la larve de reine ; les ouvrières
dégorgent la gelée dans la cellule royale très
fréquemment et paraissent en modifier la composition suivant
l'âge de la larve. La teneur en matières grasses
ne dépasse pas 10 à 15 % alors que, dans certains
pollens, elle est beaucoup plus élevée : la plupart
des pollens tachent d'une auréole grasse le papier sur
lequel on le met à sécher.
Sucres. Ils sont rares dans
la gelée. Les sucres sont beaucoup plus abondants dans
les pollens que dans la gelée, d'autant plus que les abeilles
y dégorgent du miel pour assurer la cohésion de
la pelote de pollen.
Acide
hydroxydécénoïque. Le point le plus remarquable de la composition
chimique de la gelée royale est la présence d'acide
hydroxydécénoïque qui n'existe guère
que dans cette matière. Or, les glandes de la reine sécrètent
non pas cet acide mais un corps voisin, l'acide céto-décène
2 transoïque, qui n'est autre que la fameuse hormone qui
bloque le développement des ovaires des ouvrières.
La composition de la gelée royale n'est pas fixe au cours
du développement de la larve. Les gelées du commerce
sont formées de gelée récoltée en
vrac dans les cellules royales au quatrième jour de l'évolution,
les gelées distribuées aux différents âges
larvaires y sont par conséquent, mélangées.
Antibiotique
et gelée royale :
On savait depuis
longtemps que la gelée, laissée à l'air
libre, se desséchait en se transformant en une substance
de consistance caoutchouteuse, mais sans se putréfier.
Son acidité, très forte, en est certainement responsable,
car, après neutralisation, elle se putréfie rapidement.
Suite aux recherches de Lavie, l'action antibiotique ne dépend
pas de l'acidité. Le produit neutralisé est efficace.
L'efficacité est très nette sur toute une gamme
de microbes, salmonelles, etc.
Vieillissement
de la gelée royale :
Comme tous les
produits de la ruche, la gelée royale vieillit à
la température ordinaire ; et le principe antibiotique
n'est stable qu'en solution éthérée. La
gelée brute n'est guère active que le premier jour
de sa récolte, et son pouvoir antibiotique semble disparaître
définitivement le lendemain. Dans la ruche, on peut se
demander comment la gelée conserve ses propriétés
à une température de 32°C : les ouvrières
dégorgent de la gelée toutes les deux ou trois
minutes, si bien qu'on peut la considérer comme fraîche.
En fait, les dernières recherches démontrent qu'il
n'y a pas un mais plusieurs antibiotiques dans la gelée
royale.
Action
physiologique de la gelée royale :
Un point très
important est que la gelée est instable (peu de publicité
mentionnent ce point). Elle se dégrade rapidement à
température ordinaire.
Le seul conditionnement qui permet de la conserver sans altération
est la lyophilisation (dessiccation à -60°C dans un
vide très poussé).
À retenir
:
- L'action euphorisante
sur l'homme est signalée par tous les auteurs.
- L'action sur les enfants en bas âge est d'un extrême
intérêt, puisque toute suggestion de la part du
médecin devient bien improbable dans ce cas.
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Bernard Leclercq, Tous Droits Réservés
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