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06 janvier 2004 |
A.
David, apiculteur : « rien ne change »
Ils ont été au coeur de l'actualité, que sont-ils devenus ? |
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Elles
sont le charme de nos campagnes et font le plaisir des petits déjeuners
gourmands. Les abeilles sont menacées. Alain David et les autres
agriculteurs mènent bataille depuis longtemps. Que sont-ils devenus
quelques mois après ? Suite de notre enquête.
Apostrophe de la ministre de l'Écologie, Roselyne Bachelot, mais aussi de Christiane Lambert, présidente départementale de la FDSEA et nationale du Farre, le Forum pour une agriculture raisonnée et respectueuse de l'environnement, soutien des deux maires, Philippe Bodard et Pierre Vernot poursuivis devant le tribunal administratif, attribution de « ruches d'honneur », en présence de José Bové et manif inter-régional, à Niort... L'année 2003 a été rude, engagée et émaillée d'actions les plus diverses, pour Alain David et les apiculteurs de l'Anjou. |
Car les apiculteurs n'en démordent pas. « C'est une certitude, déclare Alain David, l'utilisation de deux insecticides dans les cultures, le Gaucho et le Régent, est responsable d'une mortalité considérable des abeilles. Nos affirmations ont été maintes fois vérifiées par des études d'experts. »
Installé depuis pratiquement vingt ans à Cheffe-sur-Sarthe, Alain David le constate. Chaque année 30 % à 40 % de ses quelque 500 ruches est décimée. Auparavant, la mortalité habituelle était de l'ordre de 5 %. Le département est particulièrement touché. L'Anjou est l'un des plus gros producteurs. Il compte 25 apiculteurs professionnels et plusieurs centaines d'amateurs qui ont, chacun quelques ruches.
« Ce n'est pas seulement une question catégorielle, remarque l'apiculteur. On sait l'importance des abeilles dans la chaîne alimentaire. Le Gaucho et le Régent sont non seulement dangereux pour les abeilles, mais aussi pour l'environnement et la santé humaine. »
Malheureusement, plus ça change, plus c'est pareil. La longue bataille menée l'année dernière, mais aussi depuis plusieurs années a seulement conduit à la suspension du Gaucho dans le tournesol. C'est peu ; d'autant moins que le Régent est autorisé pour cette culture et pour les autres. « A vrai dire, rien n'a changé, estime Alain David. On peut même dire que les choses s'aggravent. Heureusement que les conditions climatiques de l'année dernière et les actions de reproduction des essaims que nous avons faits nous ont permis de sauver notre année 2003 ».
Du coup, on sent poindre un peu de découragement chez les apiculteurs. Ils misent surtout, actuellement, sur un recours au pénal de la profession. Un juge d'instruction du Gers enquête sur le dossier, notamment sur la question de savoir si la société pharmaceutique qui produit le Régent a bien l'autorisation de mise sur le marché. « Si, dans les prochains mois, on n'a pas gain de cause, lance Alain David, si l'autorisation est donnée à un produit dangereux, voire illégal, alors on n'aura plus qu'à baisser les bras. On sera dégoûté ! »
Charles BETGÉ-BREZETZ
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