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COMMUNIQUE DE
PRESSE
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Tarbes, le 10 mars 2005
Objet :Délibération du Conseil d’Administration du SPMF
du 4 mars 2005
BASF AGRO
Madame Sandrine ORRY
Monsieur Jean-Marc PETAT
21, Chemin de la Sauvegarde
F-69134 ECULLY CEDEX
Madame, Monsieur,
Nous vous remercions pour votre invitation à participer au deuxième colloque
BASF le 16 Mars prochain à Lyon.
Nous tenons avant tout à préciser les points suivants :
- Il existe de nombreuses molécules qui, bien qu’ayant obtenu «la mention
abeille » dans le cadre des traitements foliaires, sont en réalité extrêmement
toxiques. Au vu de notre longue expérience, nous considérons que le système
des homologations dans son ensemble, est totalement à revoir.
- Les empoisonnements d’abeilles par produits phytosanitaires sont à classer
en trois catégories principales :
Les
intoxications massives avec mortalité apparente devant la ruche.
Exemples : Parathion, Lindane ou Diméthoate en traitement foliaire ainsi
que les poussières de semoirs avec semences Régent (variété «Mélody», process
Syngenta), sur de nombreux secteurs de Midi- Pyrénées, Aquitaine,
Poitou-Charentes, Pays de Loire en 2002, 2003 et 2004.
Les
intoxications massives sans mortalité apparente devant la ruche.
Ce phénomène a été mis en évidence et longuement étudié à propos des
premiers Pyréthroïdes de synthèse. On le constate aussi dans certaines
circonstances sur floraison de tournesol Régent ou lors de semis à moins de 4
g de poussière par quintal. Souvent présenté comme un empoisonnement mineur
aux conséquences marginales, il fait parfois l’objet de débats académiques sur
l’effet mystérieux des doses « sublétales ».
Nous tenons à préciser que 50% des abeilles de la colonie mortes devant la
ruche, ou les mêmes 50% mourant dans la nature sans laisser de traces visibles
dans le rucher, doivent être regardés, dans les deux cas, comme l’évidence
d’une intoxication massive aux conséquences souvent dramatiques pour la
pérennité des colonies à court, moyen ou long terme.
Les
intoxications endémiques répétées tout au long de la saison et connues dans le
métier sous le terme «Ecrémage de butineuses».
Les molécules responsables de ce phénomène irrégulier sont très
nombreuses. Semis et floraisons de tournesol Régent en font bien entendu
partie. Les effets dépendent de nombreux facteurs, dose, exposition, mode de
contamination etc.…Les éléments de preuves sont connus depuis longtemps (voir
enquête éco-pathologique effectuée par le CNEVA en 1987/1988 sur 17 ruchers
répartis dans 10 départements) et régulièrement confirmés. Il suffit de
regarder les résultats récents de l’AFSSA sur les résidus dans les pollens de
trappe tout au long de l’année. Par ailleurs, les nombreuses molécules
retrouvées dans les cires de corps, lorsqu’elles ne sont pas la conséquence de
traitements anti-Varroa, sont bien la marque d’intoxications environnementales
antérieures.
- Nous sommes totalement en désaccord avec les enseignements tirés par les
pouvoirs publics des «expérimentations poussières de Régent » menées dans la
banlieue toulousaine en 2003. Les résultats montrent qu’avec la variété «
Mélody », on trouve 2 800 microgrammes par filtre de Fipronil, ce qui peut
entraîner la mort de 100% des abeilles, de 100% des ruches alentour, si la
topographie et la météo sont «favorables». Les autres variétés et/ou process,
avec 300 microgrammes par filtre en moyenne dégagent donc dix fois moins de
poussières toxiques.
Sans consulter la commission des toxiques, l’Etat a institué une «norme
poussière » (JO du 11/02/2004) de 4g/quintal de semences. La philosophie qui
sous tend cette mesure est inacceptable en terme de protection de
l’environnement.
A l’évidence, si 2800 µg/filtre provoquent la mort de 100% des abeilles
alentour, une dose dix fois moindre ne pourra pas être sans conséquence grave
bien que moins visible au profane. Il y aura donc un «Ecrémage de butineuse
»…Un de plus ! Ce qui est surprenant c’est que ce phénomène si courant et si
connu des apiculteurs, depuis plus de vingt ans, semble toujours être ignoré
de la communauté scientifique, (des médias et finalement de nos concitoyens)…
- La même remarque s’impose pour les intoxications que nous constatons au
moment de la floraison des tournesols semés Régent. Même si les signes
cliniques ne sont pas constants d’une région à l’autre, en fonction de la
météo ou de la nature du sol, globalement nous pouvons affirmer qu’il y a bien
à ce moment là une intoxication évidente, indiscutable et plus ou moins
massive selon les secteurs. Nous pouvons témoigner qu’il n’y a aucune
confusion possible avec une pathologie. C’est bien d’une intoxication qu’il
s’agit. Il reste bien entendu l’hypothèse d’une confusion avec une autre
molécule. Force est de constater que, malgré de nombreuses investigations sur
le terrain, (à quelques exceptions près ou des traitements foliaires,
notamment aux Pyréthroïdes ont pu être mis en cause), on retombe toujours sur
les enrobages «Régent».
- Nous ne nous retrouvons absolument pas dans un débat qui se limiterait au
Fipronil et/ou l’Imidaclopride dans leurs diverses formulations. De très
nombreuses intoxications d’abeilles sont causées par de multiples autres
molécules.
- Au vu de ce qui précède, c’est peu dire que nous souhaitons confronter nos
observations avec l’ensemble de la communauté scientifique et les diverses
parties concernées. Toutefois, votre premier colloque souffrait d’un manque de
diversité dans le choix des invités. Le second est annoncé sans ordre du jour
ni liste d’intervenants. Enfin, dans la restitution médiatique des
communications, le recours à «un porte-parole anonyme des apiculteurs » nous
exposerait au risque de voir notre intervention présentée de manière inexacte
ou incomplète.
En conséquence, sans préjuger de notre participation au colloque suivant,
c’est avec regret que nous avons décidé de ne pas honorer votre invitation pour
le 16 Mars 2005.
Vous savez par ailleurs que nous participons aux travaux du CST (Comité
Scientifique et Technique).
Ce comité indépendant a été constitué par le Gouvernement afin d’étudier, le
plus exhaustivement possible, toutes les hypothèses qui pourraient expliquer les
disparitions d’abeilles et/ou dépopulations des colonies sur le terrain. Dans
ces conditions, notre participation à un colloque scientifique qui, jusqu’à
présent, apparaît comme faisant double emploi avec les travaux du CST, ne peut
s’envisager que dans la transparence la plus totale. En d’autres termes, entre
«plan média » et colloque indépendant, il est indispensable que vous leviez
toutes les ambiguïtés.
Pour commencer, un bon moyen serait, par exemple, de communiquer au fur et à
mesure aux membres du CST, le résultat de vos travaux. Un écho à la présente
réponse dans vos communications ultérieures serait également bienvenue.
Pour notre part, nous enverrons copie de ce courrier au CST et le mettrons en
ligne sur notre site Internet
www.spmf.fr
Avec nos remerciements renouvelés pour votre invitation, recevez, Madame,
Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
Président : Gérard SCHIRO.
Chambre d’agriculture du Gers
Chemin de la Caillaouère –BP 161
32003 AUCH CEDEX
Tél : 05 62 61 77 95
Fax : 05 62 61 77 28
E-mail : Spmf@gers.chambagri.fr
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