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La Loque américaine

Introduction du dossier par J.-P. Faucon

Avec l'aimable autorisation de la revue
"La Santé de l'Abeille"


 


punaise.gif (183 octets)La loque américaine, connue aussi sous la dénomination de loque maligne, loque gluante, loque puante, est une épizootie cosmopolite du couvain d'abeille. Seules quelques régions du monde semblent indemnes comme l'Afrique subsaharienne et l'Inde. Sa gravité (la loque américaine est sûrement la maladie du couvain la plus dévastatrice), et par là même ses conséquences sur le cheptel apicole, ont amené les pouvoirs publics à s'en protéger par l’établissement d'une sévère législation.

La loque américaine est classée en France maladie réputée contagieuse, ce qui oblige à déclaration (auprès de la Direction Départementale des Services Vétérinaires et auprès du maire de la commune où se trouvent la ou les colonies malades) et à l'application des mesures sanitaires.

Sur le plan européen, la loque américaine est une maladie à déclaration obligatoire. C'est la seule maladie des abeilles qui est prise en compte lors des échanges et des importations (Directives 92/65/CEE).

La loque américaine est placée sur la liste B2 de l'Office International des épizooties (OIE).

La terminologie de loque provient du fait que, bien avant la connaissance de la cause de la maladie :
• les apiculteurs retrouvaient leurs colonies mortes avec les rayons détruits par la teigne, donc en loques,
• les larves perdaient leur forme, se détérioraient, tombaient aussi en loques.

D'après les écrits d'Aristote et de Pline, il semble que la loque américaine soit connue depuis la plus haute Antiquité. Ces auteurs baptisèrent cette affection rouille en raison de la couleur particulière des larves. Une relation erronée qui perdura jusque dans les années 1900, fut alors faite avec l’humidité, l'eau étant agent de la rouille.

Entre 1760 et 1780, on parle de rougeole (Abbé Tissin), de gluant (Della Rocca).

En 1769, le naturaliste Schirach, dans son Histoire des abeilles, attribua différentes origines à la loque américaine : mauvaise ponte de la reine, mauvaise position de la larve. Cependant, il édicta pour l'éliminer des techniques mettant en cause un agent contaminant.

Les méthodes de lutte préconisées par Anton Janscha, apiculteur de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche (mettre les abeilles à l'état d'essaim, les laisser jeûner, leur fournir un autre habitat) ne sont pas sans rappeler celles préconisées actuellement.

C'est en 1885 que fut soupçonnée par Cheshire et Cheyne la nature bactérienne de l'agent de la loque, ce que confirma White en 1904. En étudiant la maladie de New York, auquel il donna le nom de loque américaine, ce chercheur mit en évidence Bacillus brandeburgiensis, bacille qui porte actuellement le nom de Paenibacillus larvae.

La loque américaine fut décrite par la suite en Allemagne par Zander, Maasen et Borchert.


Avec l'aimable autorisation de la revue

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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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