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Mortalités inexpliquées aux Etats-Unis

Extraits de l’article de Malcolm T. Sanford paru dans le numéro de mai 2007, p. 17 à 19 de Bee Culture
Traduction par Michel Gilles

Avec l'aimable autorisation de la revue "La Santé de l'Abeille"

punaise.gif (183 octets)Suite aux travaux menés en avril par le groupe de travail de la Foundation for the Preservation of Honey Bees, le monde apicole américain est très mobilisé contre le CCD (Colonies Collapse Disorder = syndrome de l’effondrement des colonies) qui a frappé les apiculteurs des états-Unis pendant l’hiver dernier : de nombreuses recherches sont entreprises, les aides financières des différentes associations professionnelles arrivent, les instances gouvernementales ont une oreille attentive.

En attendant les résultats des recherches et pour aider à leur avancement, l’ABF (American Beekeeping Federation), demande aux apiculteurs d’examiner leurs colonies et de rapporter le maximum d’informations sur leurs pertes de colonies.

punaise.gif (183 octets)Le Mid Atlantic Apiculture Research and Extension Consortium, par mesure de précaution, fait les recommandations suivantes aux apiculteurs :

  1. Ne faites pas de regroupements de colonies en perte de populations avec une colonie forte.
    Pourquoi ? Nous ne connaissons actuellement pas la cause du CCD. Si c’est un agent infectieux qui en est l’origine, la colonie forte pourrait succomber à la maladie. Vous perdriez alors les deux colonies.
     
  2. Lorsqu’une colonie périt, stockez le matériel en un endroit où vous pouvez le protéger des abeilles. Faire cette opération dans les deux semaines de l’effondrement de la colonie. Il semblerait que les colonies victimes du CCD ne sont pas pillées de suite après leur effondrement. En manipulant le matériel, portez un masque pour éviter d’inhaler des spores qui pourraient se développer sur les cadres.
    Pourquoi ? L’équipe de recherche explore actuellement les techniques de stérilisation qui permettrait de réutiliser les cadres. Nous espérons déboucher bientôt sur une solution. Pour le moment, nous ne recommandons donc pas de brûler le matériel infecté. Gardez-le en stock à l’abri de la fausse teigne et du petit coléoptère des abeilles.
     
  3. Si vous nourrissez vos colonies avec du sucre, utilisez de la fumagilline.
    Pourquoi ? L’équipe qui travaille sur le CCD ne pense pas que la nosémose soit la cause principale du CCD. Cependant, elle est une cause de stress de la colonie qui réduit sa résistance aux autres maladies. (voir à ce sujet l’article de K. Flottum dans la même revue).
    Si vous avez du CCD et constatez également une infection secondaire comme de la loque européenne, traitez les colonies avec de la terramycine, pas avec du Tylan® (1).

Pourquoi ?  L’efficacité de la terramycine contre la loque européenne est bien documentée, alors que celle du Tylan n’a pas été prouvée.

Si vous observez un niveau élevé d’infestation par le varroa, traitez les colonies en utilisant des traitements chimiques « doux » tels que Apiguard®, Api Life Var®, ou MiteAway II®. Nous ne recommandons pas l’acide oxalique ou toute autre mixture maison.

Pourquoi ? Des colonies victimes du CCD montraient des problèmes « rénaux » (tubes de Malpighi) similaires à ceux vus sur des colonies traitées avec la chimie « forte ». Certains rapports indiquent que l’acide oxalique endommage les tubes de Malpighi. Les autres molécules, plus fortes, telles que fluvalinate, coumaphos ou amitraze peuvent avoir un effet sublétal sur les abeilles leur apportant un stress supplémentaire. En traitant vos colonies contre le varroa avec de la chimie « douce », vous contrôlez la population des parasites tout en épargnant les effets négatifs des molécules fortes sur les abeilles.

Le Consortium indique que ces recommandations seront modifiées au fur et à mesure de l’évolution des connaissances sur le sujet.
Il précise que tous les chercheurs travaillant sur le CCD demandent aux apiculteurs de répondre à l’enquête sur ce phénomène. Toutes les informations produites sont intéressantes et seront traitées de façon confidentielle.

punaise.gif (183 octets)David Hackenberg, l’un des premiers apiculteurs touchés par le CCD a envoyé un courrier à ses clients pour la pollinisation leur décrivant les trois symptômes principaux du syndrome :

  1. Les abeilles disparaissent littéralement.
  2. Les colonies victimes du CCD ne sont pas pillées par les autres.
  3. La fausse teigne et le petit coléoptère des abeilles ne rentrent pas dans les ruches victimes du CCD avant trois semaines.

Quand on dispose une ruche morte au-dessus d’une ruche vivante, on tue celle qui est en dessous. Ceci laisse penser qu’il y a quelque chose de toxique dans les ruches effectées, commente D. Hackenberg.

Les abeilles mortes semblent être parasitées par un champignon localisé dans leur intestin ou même dans tout leur corps.

Il leur indique également que les apiculteurs les plus touchés par le CCD ont eu leurs colonies placées à proximité de champs de maïs, coton, soja, canola (espèce voisine du colza), tournesol, pommiers, vignes et courges.

Il leur livre sa conviction que les nouveaux néonicotinoïdes, insecticides systémiques utilisés contre les parasites suceurs des plantes ne sont pas neutres dans le CCD.
Il pense que ces insecticides sont stockés dans les ruches avec le pollen ayant un effet retard sur les larves nourries avec ce pollen pollué produisant des adultes victimes de perte de mémoire et d’une diminution des capacités de défense contre les maladies.

Il conclut en les priant de ne pas utiliser cette année des produits contenant les molécules imidaclopride, thiamoxetham, acétamipride, clothianidin, thiaclopride ou dinotéfuran.

(1) Le Tylan (tylosine) est un antibiotique du groupe des macrolides utilisé sur les oiseaux.


Avec l'aimable autorisation de la revue

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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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