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L’abeille et les
rayonnements électromagnétiques Avec l'aimable autorisation de la revue "La Santé de l'Abeille" |
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L’étude
réalisée par des chercheurs de l’université de Landau et de l’institut apicole
Mayen, étalée sur plusieurs années, tend à démontrer l’influence du rayonnement
électromagnétique sur la faculté d’orientation de l’abeille en retour de
butinage.
La charge croissante du rayonnement électromagnétique telle qu’elle est émise
par les téléphones sans fil, les liaisons Internet, les baby phone, les ondes de
basses fréquences, n’est pas à négliger. Poursuivie durant une dizaine d’années,
par les professeurs Hermann Stever et le docteur Jochen Kuhn de l’université de
Coblence Landau, cette étude a pour but de renseigner sur cette influence.
L’université entre autres traite des différents aspects de la biologie de
l’abeille, ainsi durant l’été 2005 une expérience pilote fut menée sur la
faculté et l’aptitude de retour à la ruche des abeilles soumises aux
rayonnements électromagnétiques.
Les premières recherches mettent en évidence des pertes partielles d’abeilles
pouvant atteindre jusqu’à 70 % des butineuses retournant vers la ruche si elles
ont été soumises au rayonnement électromagnétique, par rapport à celles non
exposées au rayonnement.
Afin de vérifier les résultats obtenus l’expérience a encore été refaite en 2006
avec davantage de ruches et plus de précision.
Les
abeilles objectif test
L’abeille se révèle un excellent sujet d’étude pour les scientifiques, tant en
ce qui concerne son anatomie, son mode de vie et de communication dans la ruche
et hors la ruche.
Sujet d’étude par excellence pour tout ce qui touche et influe sur notre
environnement.
Non seulement les pesticides et autres produits phytosanitaires ont été mis sous
la loupe durant la dernière décennie, mais aussi les rayonnements
électromagnétiques qui furent étudiés intensément dans ce même laps de temps.
L’abeille
est le meilleur indicateur grâce à son aptitude efficiente d’apprentissage, sa
faculté d’adaptation à son espace, sa faculté d’orientation, de détection des
sources nectarifères, de son odorat très développé, reconnaissant les couleurs
et les formes. Elle reste un sujet d’étude modèle. Cette aptitude
d’apprentissage étendue lui est indispensable car le retour à la ruche lui
demande d’énormes efforts. L’apprentissage est un processus neurologique, dans
lequel les impulsions électriques jouent un rôle très important. Ceci nous
permet de penser que la mémoire de l’abeille peut être perturbée par les champs
électromagnétiques. Pour vérifier cette thèse, des abeilles soumises à des
champs électromagnétiques furent mises en concurrence avec des abeilles non
soumises à ces champs.
En même temps furent étudiés les comportements, la construction des cadres, la
capacité du retour à la ruche. De ces paramètres n’apparaît en 2005 aucune
différence significative. En 2006 la recherche s’est concentrée sur la capacité
du retour à la ruche. Seize populations d’abeilles de race carnica ont été
placées dans des ruches dont 8 ont été soumises à des sources
électromagnétiques, genre téléphone sans fil. Les sources émettrices furent
placées sous les cadres du corps de ruche. Les capteurs « écouteurs
» furent placés à quelque vingt mètres de là. Les émetteurs (bases de sans fil)
envoient en permanence des ondes électromagnétiques de haute fréquence comme
elles sont émises lors de la recherche d’un abonné au téléphone. Durant une
conversation téléphonique d’autres impulsions de moindres fréquences sont
envoyées vers la station d’émission. Pour atteindre un rayonnement maximum, les
téléphones sont restés branchés sans interruption. Les bases émettrices ont été
introduites deux semaines avant les vols d’essais, et sont restées six semaines
dans la ruche. Trois des bases émettrices ont été occultées avec un revêtement
de jonc enduit de glaise afin de réduire le rayonnement de 50 %.
Relevé
des temps de vol au retour à la ruche
Les ruches ont été testées simultanément dans l’ordre, ruche non soumise au
rayonnement – ruche soumise au rayonnement et ruche soumise à un rayonnement
amoindri. Pour cela 15 abeilles par ruche ont été prélevées, brièvement
anesthésiées pour être marquées à la couleur de leur ruche d’origine. Ensuite
ces abeilles ont été transportées dans un lieu repéré à l’avance pour les
libérer. Leur libération a été communiquée par talkie aux observateurs restés au
rucher, et cet instant précis servit de temps de départ des abeilles, leur
arrivée notée aussi. L’observation fut suivie durant 45 minutes après leur
libération. Le temps mis par les abeilles revenant à la ruche, a été
soigneusement chronométré, de même que les conditions climatiques et de
température.
Tendance mais pas significative
Des 765 abeilles lâchées non soumises au rayonnement, 482 sont rentrés à la
ruche,
Soit : (63,0 %) pour les abeilles soumises à un rayonnement atténué, 203 des 360
lâchées sont retournées à la ruche, donc (56,4 %).
En ce qui concerne celles soumises au rayonnement, seules 365 des 675 libérées
sont revenues à leur ruche (54,1 %). Les chiffres nous montrent que le nombre
d’abeilles retournant à la ruche décroît avec les rayonnements
électromagnétiques subis. La différence comparativement à l’ensemble des
populations étudiées n’est en soi pas significative (Voir graphique ci-dessous).
Statistiquement parlant, les résultats ne sont pas déterminants entre les
abeilles des trois provenances.

Amélioration et perspectives
Les résultats de 2006 sont différents de ceux de 2005. Pourquoi sont-ils moins
parlants ? Il n’est pas encore possible de l’expliquer définitivement. Des
facteurs tels : la fréquence de vols des abeilles, le temps et la température
ambiante ont été introduits dans nos observations. Mais aucun de ces facteurs
n’a eu une influence prépondérante sur les proportions d’abeilles retournant à
la ruche. Les retours ne se trouvaient aucunement influencés par les phénomènes
atmosphériques, ni même par une activité plus importante d’une ruche à l’autre.
En 2006 les expériences se firent quelques semaines plus tôt que l’année
précédente, et les distances des vols plus conséquentes.
Pour améliorer encore cette recherche et en supprimer les failles, il nous
faudra préparer – égaliser – minutieusement les populations cobayes. Pour mettre
en relief des facteurs influents, nous introduirons dans nos observations les
notions de terrain de départ, à savoir terrains ensemencés avec la même espèce
de telle sorte que nos observations permettent de saisir les nuances de
transmission de l’information de la source de butinage aux congénères pour les
abeilles soumises au rayonnement, voir aussi si le rayonnement influe sur le
mode de communication.
Conséquences pour l’apiculteur
Le rayonnement intense subit par les abeilles pendant l’expérience permet
d’observer des effets même s’ils sont très faibles.
En réalité en pleine nature l’abeille n’est pas en contact direct avec les
sources émettrices, de type DECT- Téléphone. Les paramètres techniques des
téléphones sans fil du type à fréquences pulsées ou à modulation se distinguent
par rapport aux portables extérieurs (type handys). C’est pour cette raison que
nos observations ne sont pas applicables à la pleine nature. Ce qui n’empêche
que les abeilles sont très exposées à de nombreuses sources de radiations, qui
peuvent influer dans l’élément compliqué d’une ruche.
Les résultats de nos recherches ne nous autorisent pas à affirmer que les
rayonnements électromagnétiques seraient la cause des mortalités d’abeilles aux
Etats-Unis.
Toutes fois nos observations confirment que (l’electro smog) agit sur le
comportement de l’abeille.
Tollé
en Grande-Bretagne !
La communication par la presse britannique des observations réalisées en
Allemagne a provoqué des réactions inattendues. Une erreur de traduction par les
médias, qui faisait dire que les mâts émetteurs et relais de mobiles (portables)
désorientaient les abeilles et seraient la cause des surmortalités d’abeilles.
Le pas a été vite franchi pour dire qu’il était la cause du CCD aux Etats-Unis.
La pose d’un mât de 14 mètres fut interdite par la ville d’Eastbourne, le
rejetant hors la ville, mais des raisons d’ordre esthétique en sont fort
probablement la cause.
Avec l'aimable autorisation de la revue
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2007 |
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