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Saint Nabor Photo : Service Communication Mairie de Saint-Avold |
Un peu
d’histoire à Saint-Avold |
Au
moyen âge
« Saint-Avold a joué un rôle de premier plan dans l’histoire lorraine, écrivit
au xviiie siècle l’érudit bénédictin D. Calmet. Elle abritait dans ses murs des
ducs de Lorraine, des rois de France et des empereurs d’Allemagne. »
Selon la tradition, un moine irlandais du nom de Fridolin venant de Poitiers en
509 crée un oratoire du nom d’Hilariacum sur l’emplacement de Saint-Avold avant
de fonder le monastère de Sickingen en Allemagne. Chrodegang (712-766), évêque
de Metz, ministre de Charles Martel et de Pépin le Bref, y introduit la règle
bénédictine de Saint Benoît.
Lors d’un voyage à Rome, il rapporte les reliques de Saint Nabor, officier
martyrisé sous Dioclétien, le 24 août 765 donnant alors les noms à l’abbaye et à
la localité qui s’y développera. Une bourgade se développe à l’ombre du
monastère réputé pour son scriptorium.
Le monastère est placé sous la protection des évêques de Metz. Angelram, 36e
évêque de Metz de 766 à 791, est issu de cette abbaye. Il s’y fera enterrer.
La ville est un centre commercial actif, servant de relais pour les marchands
français et lorrains qui se rendent vers le Rhin, Nancy et Vaudrevange, capitale
du bailliage d’Allemagne. De grandes corporations se créent dès la fin du xve
siècle, tels les tanneurs, tisserands et bouchers.
lles exportent leurs produits dans tout le monde rhénan. Trois foires animent
chaque année l’économie locale au xvie siècle. Elles attirent des marchands
hollandais, allemands, français et lorrains. On y échange du cuir, du chanvre et
de la laine. Ce développement attire la convoitise d’autres seigneurs
territoriaux. Les évêques décident alors de fortifier leur ville en 1327.
L’entretien des remparts se fait grâce à un impôt sur les marchandises, l’octroi
accordé par l’évêque de Metz, Ademar de Monteil en 1360.
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Le 16 mai 1572, le cardinal Charles Ier de Lorraine, évêque de Metz, cède l’avouerie de Hombourg-Saint-Nabor à son neveu Henri Ier, duc de Guise, qui lui avance 18 000 florins d’or. à son tour, celui-ci cède par traité le nouveau fief au roi de France, puis revenant sur la décision, il le vend le 24 novembre 1581 pour 96 000 écus à son cousin Charles III, duc de Lorraine. La ville est alors intégrée dans le duché de Lorraine, état indépendant qui connaît son âge d’or. Elle forme une seigneurie d’une trentaine de localités, gérée par un bailli ducal établi au château de Hombourg. Son lieutenant s’installe à Saint-Avold, capitale économique de la seigneurie. La ville participe au développement du Duché. Elle connaît une expansion économique et démographique remarquable. Un nouvel Hôtel des postes est construit en 1723. De belles demeures bourgeoises, aux portes sculptées et fenêtres mansardées, témoignent de la richesse de la bourgeoisie commerçante. Le « beau XVIIIe siècle » laisse son empreinte au centre-ville. Plusieurs dynasties
d’artistes s’implantent à Saint-Avold lors de la reconstruction de
l’abbaye en 1720-1790 tels les Metzinger et Melling, ces derniers
originaires du pays de Thionville. |
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De
la Révolution à l’annexion : 1789-1870
Commencée et acceptée dans l’allégresse générale, la Constitution civile du
clergé en 1791 va partager les opinions de surcroît déjà irritées après la
dissolution des ordres monastiques. La ville est nommée Saint-Avold en référence
au moyen haut allemand Santerfor, elle est chef-lieu de canton et s’intègre
difficilement dans le nouveau département créé en 1790, malgré l’aide de son
premier député, Joseph Becker (1743-1812), le seul des députés mosellans à avoir
voté contre l’exécution de Louis XVI.
L’industrialisation se développe au cours de la première moitié du XIXe siècle.
Fabrique de creusets, fonderie, fabrique de flanelles, tuilerie, brasserie,
fabrique de bleu de Prusse, faïencerie, quinze tanneries assurent du travail à
de nombreux naboriens ainsi qu’aux habitants du canton. Néanmoins beaucoup
d’habitants fuyant la dureté des conditions de vie, les disettes de 1817-1818 et
les épidémies de choléra de 1833 et 1866, la crise économique de 1845 et 1846,
émigrent vers les Etats-Unis.
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Après 1870, l’intégration économique de la ville incluse dans le Kreis ou cercle de Forbach se fait de manière lente jusqu’en 1885. à partir des années 1885-1890, sur demande pressante des commerçants et artisans, la ville devient une ville de garnison avec l’arrivée massive de militaires et de leur famille, dans une conjecture dynamique propre à l’Empire allemand. Les garnisons introduisent des activités de service pour l’approvisionnement du commerce. Les taverniers profitent des activités militaires et de l’animation en ville. Les constructions nouvelles
portent l’empreinte du néogothique et néorenaissance. |
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Après
la Grande Guerre
Après 1918, la ville conserve son aspect de ville de garnison grâce à la
perspicacité de Théodore Paqué, député-maire de Saint-Avold de 1918 à 1934. De
nombreux régiments s’installent tels le 18e régiment de chasseurs à cheval. Le
développement charbonnier fait de Saint-Avold une ville de résidence. En
1928-1930, la Société Houillère Sarre-et-Moselle construit ex nihilo pour son
personnel une cité de six cent cinquante logements, la cité Jeanne d’Arc, située
à proximité du puits Sainte-Fontaine. Les nouveaux arrivants sont surtout
d’origine polonaise et transitent par la Westphalie pour travailler dans les
mines de charbon lorraines.
En 1940-1944, la ville, comme le reste de la Moselle intégrée dans le Gau
Westmark, paye un lourd tribut à la guerre avec l’évacuation de la population à
Sommières-du-Clain, Couhé-Vérac, Gençay, le pillage du patrimoine, la dictature
nazie, la persécution de la communauté juive, les privations et les
bombardements, dont celui, dévastateur, du 9 novembre 1944.
Le
Saint-Avold industriel de l’Après-Guerre
Grâce à son site agréable, à sa situation de carrefour et à son éloignement de
la zone industrielle, la ville devient un centre résidentiel du bassin. De 1945
à 1966, les Houillères y construisent plus de 1 300 logements et la population
augmente de 7 054 à 18 000 habitants répartis dans les cités du Wenheck, La
Carrière, Émile Huchet et Arcadia.
Dès les années 1960, la ville poursuit son expansion vers le nord et l’est,
accélérée par la construction de l’autoroute Metz-Sarrebruck en 1969-1970. La
ville poursuit une politique de diversification industrielle avec la création de
la ZIL du Gros-Hêtre, zone artisanale et industrielle, en 1968-1969, ainsi
qu’une zone industrielle au Hollerloch en 1975, sur un espace de 46 ha occupé
par 47 entreprises. Dans les années 1960-1970, la ville se dote
d’infrastructures modernes : deux lycées, trois collèges et une piscine avec
complexe sportif, dignes d’une ville chef-lieu de canton.
Elle connaît une croissance démographique annuelle de 1,42 % entre 1968 et 1975,
supérieure à la moyenne française. La ville marque la réconciliation
franco-allemande par le jumelage avec Dudweiler en Sarre, le premier du genre,
le 28 juin 1964. Depuis 1994 elle est jumelée avec la ville de Fayetteville en
Caroline du Nord.
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A l’orée du nouveau siècle qui débute, l’après-charbon et l’industrie pétrochimique favorisent un nouveau développement économique. Avec 18 000 habitants, la ville connaît une croissance moyenne supérieure aux autres villes du bassin houiller. Après avoir misé sur les aspects quantitatifs et immédiats dans la stratégie du développement, il semble que l’on s’oriente dorénavant vers la diversification industrielle et les aspects qualitatifs. Les années 1990 voient la création d’un centre régional d’essais et d’applications en plasturgie inauguré le 29 juin 1990, agrandi devant son succès croissant en 1998 pour atteindre une superficie de 1 740 m2, avec plus de 1 200 m2 de locaux techniques et 540 m2 de surface pour les bureaux. Plus de 150 entreprises font appel à son service dans les domaines de la chimie lourde. Le 5 novembre 1994, l’université de Metz inaugure un IUT de chimie fine. En partenariat avec Sarrebruck est créé aussi, dans le cadre du SIOM, l’Europort spécialisé dans la logistique et les transports, sur une surface totale de 100 ha. Cette diversification industrielle ne va pas sans une certaine recherche de qualité de vie. La ville possède un potentiel forestier important. |
Photo : Service Communication Mairie de Saint-Avold |
Sur la colline du Felsberg, la ville a aménagé à partir de 1983, dans le
cadre d’un contrat ville-relais, un centre de rencontre international formé d’un
ensemble de chambres, d’un restaurant associatif et d’un terrain de camping. Le
massif boisé de la forêt de Saint-Avold permet l’aménagement d’un centre aéré
dès 1965 et d’un centre équestre avec parcours de santé.
La
ville développe aussi ses infrastructures culturelles
Le 25 janvier 1986, elle inaugure le Centre d’Action
Culturelle.
Depuis 2003 elle organise des expositions à caractère international dans le
cadre de Plastica Naboria. Elle a dans ses murs une trentaine d’artistes
(peintres, sculpteurs, maîtres verriers) de renommée régionale, voire
internationale, citons les peintres Walaster (1927-2000), Bouffay, Davo, le
sculpteur sur bois Helmut Muller, le maître verrier Arthur Schouler (1927-1984)
qui contribuent à la renommée culturelle de la cité naborienne.
Avec l'aimable autorisation de la revue
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