Syndicat
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Producteurs
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Miel
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France

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LE MARCHE DU MIEL CONFRONTE A L'ADULTÉRATION.
BREF EXPOSE DE LA SITUATION.
FÉVRIER 1999. LES MOTIONS DE LA PROFESSION


  • Production mondiale 1 200 000 tonnes environ

  • Échanges internationaux en vrac : 300 000 tonnes environ

  • Principaux pays exportateurs : CHINE. MEXIQUE. ARGENTINE

  • Principaux pays importateurs : JAPON, ETATS UNIS, UNION EUROPEENNNE


  • punaise.gif (183 octets)ETATS UNIS

    Consommation annuelle, 150 000 tonnes environ dont 50 000 importées mais avec de fortes amplitudes. En effet, les ETATS UNIS sont un pays géré selon les principes de l'économie libérale. En conséquence, fréquemment, l'état intervient par des mécanismes plus ou moins complexes, (aides momentanées au stockage, prix minimum, quota à l'importation, droits de douane qui peuvent aller jusqu'à 150% ad valorem) pour corriger les distorsions de concurrences qui résultent parfois du dumping de certains pays exportateurs, Chine en particulier.

    La récolte 1998 est bonne, et il y a un report de stock considérable de la précédente campagne (les producteurs peuvent recevoir des avances de l'état pour pouvoir stocker). En outre, le Canada annonce une récolte 1998 en hausse de 30% à environ 40 000 tonnes.

    Il est probable donc, pour les 6 prochains mois au moins, que, globalement, l'Amérique du Nord soit très peu importatrice.

    SITUATION PAR RAPPORT À L'ADULTÉRATION

    Ce sont les États Unis, qui, les premiers ont tiré le signal d'alarme sur ce sujet. Les principales méthodes de contrôle utilisées à ce jour (simple ou double contrôle au C13, méthode AOAC N° 991.41.White et Winters ) ont été inventées la bas. Toutefois, les opérateurs consultés admettent que la frontière n'est pas étanche à la falsification.


    punaise.gif (183 octets)JAPON

    La production locale est insignifiante. La consommation telle qu'elle ressort des statistiques de l'importation semble très irrégulière. Après les records d'il y a quelques années ,( environ 60 000 tonnes, en partie utilisées dans une, semble-t-il éphémère, boisson " light " au miel) l'effondrement apparaît spectaculaire.

    Seulement 30 000 tonnes importées en 1997, soit 25% de moins que l'année précédente. Sauf retournement de fin d'année, 1998 plafonnera autour de 27 000 tonnes. Autrefois chasse gardée de l'Argentine, c'est la Chine qui fournit désormais la quasi totalité des volumes.

    SITUATION PAR RAPPORT A L'ADULTÉRATION

    Nous manquons d'information sur ce point.


    punaise.gif (183 octets)ARGENTINE

    La consommation locale est très faible. C'est une production d'exportation, en pots pour les pays limitrophes (Brésil etc..), en fût pour le reste de la planète. La récolte 98/99 est en train de se terminer. Sauf au sud est de Buenos-Aires, elle s'annonce excellente. Déjà, 97/98 avait atteint des sommets : Prés de 70 000 tonnes exportées, environ 10 000 tonnes de report de stock. Les prix qui avaient dépassé 2 000 $/tonne il y a 18 mois ont baissé jusqu'à  1 300 $ fin 98.

    On trouve vendeur aujourd'hui à moins de 1 100$. (autour de 1.30 euro transport droits de douane et tous frais compris). (1).

    SITUATION PAR RAPPORT A L'ADULTÉRATION

    Le miel d'argentine, dont la production est assurée en grande partie par des exploitations professionnelles de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de ruches, est en général d'excellente qualité à tous points de vue. Bien que certains importateurs en Europe et en Amérique du nord aient signalé quelques cas de falsification, le phénomène reste tout à fait marginal.


    punaise.gif (183 octets)MEXIQUE

    Contrairement à l'Argentine, le cheptel n'a pas tendance à se développer de manière spectaculaire. Il semble que les problèmes sanitaires soient particulièrement aiguës. Les importateurs se plaignent régulièrement de la pollution de nombreux lots par des résidus d'antibiotiques. Il faut dire que la baisse des cours de la fin des année 80 à décimé la population apicole. Même si le Mexique comporte aussi des apiculteurs spécialisés comme l'Argentine, il y a beaucoup de collecte. (ramassage de miel auprès de petits paysans qui ne possèdent que quelques ruches). La compétence professionnelle baisse et la qualité du produit s'en ressent.

    La récolte est en train de se faire. Elle sera excellente. En marge de l'ouragan Mitch, il y a eu des pluies abondantes tant au sud, coté Guatemala, (ou la récolte s'annonce bonne également), qu'au Nord coté Mexique. Comme d'habitude, les prix sont légèrement supérieur à ceux de l'Argentine, mais, pour les mêmes raisons, chacun s'accorde à penser qu'ils vont baisser dans les prochains mois.

    SITUATION PAR RAPPORT A L'ADULTÉRATION

    A notre connaissance, idem qu'en Argentine.


    punaise.gif (183 octets)CHINE

    C'est le pays du grand mystère.
    C'est aussi avec plus de 100 000 tonnes/an, le premier exportateur mondial.
    La récolte 1998 est annoncée " moyenne ", ( 140 000 tonnes) mais cela ne signifie pas grand chose.

    Entre la production annoncée en début de campagne, et les chiffres définitifs il peut y avoir largement plus de 30% d'écart. La consommation est très faible, et pour autant que l'on sache, évolue peu. Cependant, le jour ou la population Chinoise aura les moyens de consommer du miel véritable, la production locale risque de ne pas être suffisante.

    Pour 1998, les pertes de marché entre Japon et Amérique du Nord sont évaluées à, au moins, 20 000 tonnes. Il reste des stocks.

    Il faudra bien vendre ailleurs, principalement en Europe, et c'est déjà ce qui se passe depuis plusieurs mois.
    Les prix " catalogue ", actuellement, s'affichent en baisse de 50%, soit autour de 900$ la tonne, (1) voire sensiblement inférieurs dans certains cas. (1 euro transport, frais et droit de douane compris). Compte tenu de la " qualité ", des risques encourus, des frais considérable de contrôle qu'il est nécessaire d'engager, par rapport à l'Argentine, c'est cher. S'ils veulent vendre, les Chinois devront pratiquer le dumping… mais c'est quelque chose qu'ils savent faire…. Le miel aussi d'ailleurs, et il semble qu'ils n'aient même plus besoin des abeilles pour cela.

    SITUATION PAR RAPPORT A L'ADULTÉRATION

    Ce n'est plus un secret pour personne : la Chine a inventé planifié et organisé l'adultération de masse. Depuis des années, au fur et à mesure que les techniques d'analyse s'affinent en occident, les Chinois améliorent leurs méthodes de fabrication. Certains importateurs affirment que la totalité de leurs exportations sont adultérées. Ceux là prétendent que les lots qui passent les contrôles analytiques contiennent davantage de miel et sont simplement plus chers à " fabriquer ", c'est tout. Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est qu'une proportion considérable de miels exportés par les chinois et qui passent la douane n'importe ou dans le monde, sont falsifiés.
    30% ? 60% ?, 90 ?, nul ne le sait précisément. En tout état de cause, cette situation est particulièrement malsaine, et ce sont les producteurs qui ont le plus à perdre dans cette affaire. Ceci étant dit, la solution n'est pas simple à trouver. En effet, de petites lâchetés en petits intérêts, sans oublier les petites paresses, la chaîne de responsabilité part du consommateur jusqu'aux plus hauts sommets des états.


    punaise.gif (183 octets)Il n'y a pour l'instant que 4 certitudes :

    1. D'autres pays pratiquent aussi l'adultération. Cependant, nulle part ailleurs qu'en Chine on ne retrouve cette planification, cette organisation scientifique de la fraude.

    2. Il est scientifiquement démontré que les techniques analytiques disponibles à ce jour sont insuffisantes. Cependant, à l'appui de nombreuses expériences connues et reproductibles partout, les meilleurs experts sont d'accords pour affirmer que :

  • Chaque fois que l'analyse dit que le miel est falsifié, il l'est.

  • Certaines techniques de falsification sophistiquées sont aujourd'hui indécelables par les analyses de routine.

  • 3    Il n'est pas possible de chiffrer précisément le pourcentage de sirops industriels rajoutés au miel authentique dans les 300 000 tonnes proposées sur le marché mondial. Par recoupement, il est cependant possible de l'évaluer à plusieurs dizaines de milliers de tonnes. Cette augmentation artificielle de l'offre induit une baisse des prix qu'il serait tout aussi hasardeux de chiffrer précisément. Toujours par recoupement, les experts consultés s'accordent pour dire que, sans l'adultération, le prix du miel serait très nettement supérieur à 2$ le Kg, FOB.

    4    La fabrication industrielle de faux miel n'est pas qu'une escroquerie aux consommateurs. C'est, au niveau mondial, l'élevage des abeilles et le métier d'apiculteur qui sont menacés de disparaître avec toutes les conséquences en cascade :

  • Économiques et sociales dans les zones de production,

  • Sur l'équilibre écologique et la pollinisation puisque l'abeille assure, seule, 90% de la pollinisation entomophile.


  • punaise.gif (183 octets)LA COMMUNAUTÉ EUROPEENNE

    Les principaux chiffres (environ) :

  • Consommation totale : 270 000 tonnes

  • Production :130 000 tonnes (dont, France 40 000, Espagne 30 000 et Italie 10 000)

  • Rappelons qu'il y a en Europe, outre 400.000 apiculteurs de loisirs, environ 10.000 apiculteurs de métier (à temps plein), et 40.000 pluriactifs (apiculteurs à temps partiel)

  • Importations de pays tiers : 140 000 tonnes (dont, Allemagne 80 000, Royaume Uni 20 000, France, Espagne, Italie, 10 000 tonnes chacun).

  • La production européenne, très appréciée des consommateurs, est correctement valorisée dans le cadre de la vente directe. Sur le marché de vrac, depuis plus de quinze ans, les acheteurs, très concentrés, et, sauf exception, peu motivés par des efforts marketing, dictent leur loi. Les prix payés au producteur sont équivalents, voire parfois inférieurs aux cours mondiaux.

    L'année 1998 a vu se développer un phénomène que nous n'avions plus connu depuis longtemps : la déconnexion entre le marché français et le marché mondial.
    A cela, plusieurs raisons :

    1.    Une mauvaise récolte en France (bonne dans le quart nord est, très faible ailleurs) due :

  • A une météo défavorable, surtout en montagne,

  • Des problèmes sanitaires, Varroa en particulier,

  • Dans les zones à culture, une disparition des butineuses consécutive à l'emploi des produits phytosanitaires. Le phénomène n'est pas nouveau. On a déjà connu une crise d'ampleur comparable au début des années 80 avec les premiers pyréthroïdes de synthèse. Tout les ans il y a des " accidents ". Simplement aujourd'hui, la pression devient intolérable avec, par endroits, des pertes de récoltes qui peuvent aller jusqu'à 80%.

  • Enfin, et surtout, un vieillissement de la population apicole. Il s'agit peut être là du phénomène le plus inquiétant. Après la chute des cours en 1986, consécutive à l'arrivée des Chinois sur le marché, plus personne ne s'est installé. Aujourd'hui, 90% des apiculteurs français ont plus de 45 ans. Tous les ans, les plus anciens cessent leur activité sans que des jeunes, et on les comprend, n'acceptent de prendre le risque de s'installer.

  • 2.    Les problèmes liés à la falsifications de certains miels d'importation :

    Depuis maintenant un an, la grande distribution, les médias, les associations de consommateurs, et, bien sûr l'administration des fraudes sont au courant. Cette information, encore insuffisante, a créé un climat du suspicion légitime à l'encontre des miels importés à très bas prix, et un intérêt accru pour la production Française de qualité.

    A cet égard, on ne peut que remercier la DGCCRF, qui par ses contrôles, assure une pression salutaire. A l'évidence, ce travail de protection du consommateur contribue au maintien de la qualité, d'une saine concurrence, et partant, à soutenir les cours..

    Certaines enseignes de la grande distribution, pas toutes hélas, ne sont pas en reste et deviennent un peu plus attentives. C'est cependant très insuffisant. La question reste donc entière : par quels moyens pourrions nous convaincre toute la grande distribution à pratiquer le principe de précaution maximum. Est ce du rêve que de leur demander, au moins en France, d'imposer à leurs fournisseurs un cahier des charges qui permettrait de garantir à 100% que la DGCCRF ne trouvera plus de miel adultéré dans les rayons ? ? : (rappelons que, sur les enquêtes ciblées de ces deux dernières années, plus de 10% des prélèvements en magasin ressortent falsifiés à l'analyse courante. )

    Toutes ces raisons font que, aujourd'hui, le miel Français en vrac, est le moins mal payé de toute la communauté européenne.

    C'est la première fois depuis 15 ans qu'il y a une telle hétérogénéité des prix en Europe. Les pays du nord, eux, ont augmenté massivement leurs importations de Chine.

    A l'image de l'Allemagne, ils ont considérablement réduits leurs achats au sud : Grèce, Italie, Espagne, Portugal, et surtout France… En 1998, pour la première fois depuis très longtemps, il n'y a pratiquement pas eu de bradage de miels français à l'export au prix mondial. Pour l'essentiel, en vrac, le miel Français s'est vendu en France.

    Cette situation est très fragile.

  • Si la prise de conscience qui s'est faite en France n'est pas étendue à l'Europe entière,

  • si les services de contrôle de chaque pays, ne s'alignent pas sur le travail efficace et énergique de la DGCCRF,

  • si en plus on a la " malchance " de faire une bonne récolte,

  • on risque fort de se retrouver la saison prochaine avec des prix qui s'effondrent de 20 à 40%. Dans l'état ou elle est, l'Apiculture convalescente ne s'en relèvera certainement pas.

    C'est la raison pour laquelle nous sommes résolument mobilisés sur nos quatre motions ci jointes en annexes :

    1. Le transfert de la DG III à la DG VI, pour rendre au produit son statut de production agricole,
    2. Le refoulement de la contrefaçon à l'entrée de la communauté Européenne, c'est à dire au dédouanement,
    3. Le renforcement et non la " simplification " de la réglementation. Aujourd'hui bien que la contrefaçon soit interdite, elle existe quand même. Si demain elle est rendue légale, rien ne pourra plus l'arrêter.
    4. Une sanction de l'escroquerie suffisamment dissuasive, et, en tout cas, au minimum équivalente aux bénéfices frauduleux réalisés.

    Notes à consulter sur Internet pour une information complète sur le sujet :

  • Le scandale de la falsification du miel. 44 pages et photos

  • (1) . Au 20/02/99, tous les cours en $ notés ci dessus ont baissé de 15% environ.


    post_it.gif (274 octets) Syndicat des Producteurs de Miel de France

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    Réalisation : Gilles RATIA
    Mise à jour : 03/04/02
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