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do.gif (159 octets) Dossier "Abeilles et Produits Phytosanitaires"
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C’est devant l’incompréhension de nos difficultés par la communauté scientifique, qu’il est apparu nécessaire de lister les anomalies dont nous étions témoins (voir ci dessous). A l’expérience, il convient de préciser que certains des symptômes décrits ne sont pas spécifiques aux intoxications. Il s’agit là d’un gage supplémentaire du sérieux des observations effectuées. Un animal blessé, malade, ou empoisonné, réagit toujours en fonction de son instinct de survie. Ces nouvelles formes d’intoxications ont aiguisé le sens de l’observation des hommes du terrain. Il est dommage que les scientifiques n’y aient pas prêté, jusqu’ici, davantage attention.


Compilation des symptômes
Mars 1983
CETA Aquitaine

Vous trouverez ci-dessous la compilation des symptômes établi par le C.E.T.A AQUITAINE, début 1983.

 

Ceux qui ont eu un problème de cheptel et qui ont remarqué d'autres symptômes que ceux décrits ,

Ceux qui ont un avis à donner, un témoignage à apporter…..

Ceux qui ont des problèmes

doivent prendre contact par écrit avec la Commission Cheptel

N'hésitez pas à signaler vos pertes et donner vos .suggestions, le concours du plus grand nombre est absolument indispensable pour essayer de résoudre ce difficile problème.

ETUDE DES PROBLEMES CHEPTEL

Depuis trois ans sont apparus, sur presque tout le territoire Français, des " problèmes de cheptel " dont la réalité n'est plus niée par personne, mais sur l'origine desquels, à ce jour, l'unanimité est loin d'être faite.

Le but de ce texte, dont le principe a été soumis à l'issue du stage abeilles-insecticides, organisé du 10 au 14/01/1983 par le CETA Alpille -Luberon à AIX en Provence, est de rassembler tous les symptômes remarqués. La corrélation entre ces symptômes n'est pas non plus admise par tous. Cependant, il était utile de les rapporter pour y voir plus clair à l'avenir.

SYMPTOME N° 1 - Mois d'Avril.

Cela se passe le plus souvent à proximité des grandes cultures. La population de la totalité des ruches d'un même rucher diminue dans des proportions plus ou moins considérables :
  • parfois, cette baisse amène les abeilles à quitter les hausses entraînant une cristallisation plus rapide du miel de Colza, au point que celui-ci soit difficile, voire impossible à extraire.

  • cette diminution peut être beaucoup moins spectaculaire, difficile à déceler.

  • SYMPTOME N° 2 - Devant la ruche

    Une mortalité apparente très faible surgit devant les ruches. Dans des cas précis ou par hasard, des observations journalières ont pu être faites. Il a été établi que cette mortalité apparaît façon soudaine. Pas une seule abeille morte devant les ruches un jour, apparition d'une mortalité faible sur toutes les ruches le lendemain. Cette mortalité se situe dans une fourchette extrême de 10 à 300 ou 400 abeilles/ruche/jour, pour se situer le plus souvent entre 30 et 60. La langue de ces abeilles mortes est dépliée sur toute sa longueur. Cette mortalité ne s'accumule pas de façon significative, aucun cas n'a été signalé d'une mortalité de 1.500 à 2.000 abeilles/ruche, un mois après le début des constatations.

    SYMPTOME N° 3

    Souvent, on observe les abeilles nerveuses, semblant se battre entre-elles; cette scène se passe la plupart des fois entre une abeille capable de voler et une autre non capable, mais encore vivante.

    La scène prend fin généralement lorsque l'abeille la plus vigoureuse s'envole, emportant l'abeille morte ou mourante.

    SYMPTOME N° 4

    Des abeilles sont dispersées ça et là aux alentours immédiats du rucher. Le phénomène le plus remarqué est la présence d'abeilles accrochées aux brins d'herbes ou à la végétation à proximité des ruches, le plus souvent sur les 3 mètres devant la planche de vol, mais aussi immédiatement derrière les ruches.

    Ces abeilles sont, soit immobiles, soit respirant faiblement. Avec un peu d'habitude, il ne peut pas y avoir de confusion avec des abeilles chargées de nectar qui reprennent leur souffle avant de regagner la ruche, celles-ci ayant une respiration beaucoup plus ample et régulière que celles-là.

    Lorsque l'on tente de les pousser du doigt pour les inciter à partir, elles tombent le plus souvent, ou bien elles s'envolent pour se reposer à proximité; il se peut qu'elles parviennent à regagner leur ruche, mais elles peuvent s'éloigner à perte de vue.

    SYMPTOME N° 5

    Environ 3 semaines à un mois après le début des mortalités, certains ont remarqué la présence en très petit nombre de larves, d'abeilles ou de mâles rejetés devant certaines ruches.

    A la même époque, des reines ont été trouvées parfois devant plus d'une ruche sur trois.

    Le plus souvent il n'y a pas d'essaimage, cependant il peut apparaître un essaimage qualifié d'intempestif (colonies peu peuplées).

    Un fait notable: les supersédures sont très nombreuses (parfois la quasi totalité des colonies) et sur une ruche, il n'est pas rare de trouver à cette époque, 30 à 40 cellules royales.

    SYMPTOME N° 6

    Lorsqu'on observe des abeilles mourantes, celles-ci agitent convulsivement, puis de plus en plus faiblement, pattes et antennes, les pattes et les antennes s'écartant et se rapprochant en même temps.

    Début Mai également, on peut trouver un très petit nombre d'abeilles inachevées. Celles-ci sont plus petites, souvent vivantes d'un gris très clair, presque blanc. Leurs ailes sont atrophiées, déformées, fripées, tronquées ou même enroulées sur elles-mêmes.

    SYMPTOME N° 7

    Dans les exploitations travaillant depuis des décennies sur abeille noire, on a pu constater de manière irréfutable une "tenue au cadre" différente. Ce phénomène est visible dès la fin du mois d'avril et particulièrement en Mai et Juin.

    Il se manifeste de la façon suivante :

    Lorsque l'on sort un cadre de la ruche, les abeilles ne couvrent pas le couvain et sont concentrées sur 3 ou 4 cm au bas du cadre.

    Lorsque l'on sort 2 ou 3 cadres à la fois (Hoffman), les abeilles ne couvrent pas davantage, mais on peut observer pendant 10 à 15 secondes une masse d'abeilles grouillantes au fond de la ruche qui remonte rapidement entre les cadres restants et le long des parois.

    Il va de soi que ce type d'observation est d'autant plus délicat et difficile à établir, que l'hybridation est importante. Chacun sait en effet que la tenue au cadre est plus ou moins différente selon les races d'abeilles.

    SYMPTOME N° 8

    A la même époque, et parfois sur des miellées régulières, les colonies, bien que très pourvues en provisions, sont très longues à monter en hausses. Il faut que le corps soit pratiquement bloqué avant que les abeilles ne se décident à occuper la hausse.

    Dans le même ordre d'idées et sur des exploitations qui réussissaient autrefois à obtenir des récoltes homogènes (pas plus de 100% de différences) sur les ruches d'un même rucher, il est fréquent de trouver aujourd'hui dans un même rucher et pour des ruches ayant fait le même circuit de transhumance, menées de la même façon, sur la miellée d'été des ruches n'étant pas montées en hausse à côté de ruches ayant amassé plus de deux hausses pleines.

    Ce type d'observation ne peut être fait que sur des exploitations déjà anciennes et qui n'ont changé ni le circuit de transhumance, ni la race d'abeilles, ni les méthodes de travail.

    SYMPTOME N° 9

    Dans les régions où l'essaimage se fait surtout en Juin, Juillet, l'absence d'essaims naturels dans les ruchers est absolument remarquable depuis l'apparition de tous ces phénomènes.

    SYMPTOME N° 10

    Les exploitations produisant du miel de Callune, lorsqu'il a été possible de faire des comparaisons en référence à des ruches dépourvues de tous ces symptômes, ont pu constater sur cette miellée tardive, une quasi- absence de montée en hausse, les colonies se contentant, même en cas de miellée importante, de bloquer le corps.

    Une mention particulière sera faite sur les symptômes apparents entre Octobre et début Avril.

    Parfois, après de relativement bonnes récoltes en été, particulièrement sur sapin, des ruchers entiers se sont effondrés durant une période allant de la fin septembre à l'entrée de l'hiver, sans que rien jusque là n'ait pu laisser penser à l'apiculteur que quelque chose d'anormal pouvait arriver. Certains ruchers ont ainsi été décimés à 80%.

    Dans la même période, on a pu observer des supersédures en pourcentages non négligeables, totalement anormales et en tout cas, pour le mois de novembre, vouées à l'échec.

    SYMPTOME N° 11 : Janvier - fin Mars

    Dès le mois de janvier parfois, on peut constater une mortalité anormale mais faible devant les ruches.

    Une dépopulation, parfois sans aucune mortalité apparente, parfois avec une légère mortalité, mais ne représentant pas le manque d'abeilles, apparaît entre janvier et fin mars.

    Le plus spectaculaire: on retrouve des ruches avec des provisions quasi intactes, 50 à 500 abeilles seulement entourant une reine jeune, paraissant très jolie et tout à fait normale, couvrant deux ronds de couvain ridicules parfois pas plus grands que des pièces de 5 francs. Ces ruches sont étonnamment longues à se faire piller.
  • Des ruches bourdonneuses en quantité anormale? On a signalé dans certains cas, des taux de 50%, certaines ayant une population pouvant être qualifiée de normale, d'autres ayant été complètement désertées. 

  • Des ruches complètement vides, probablement orphelines mais qui n'ont certainement pas été bourdonneuses.

  • Des colonies encore relativement peuplées avec une reine mais qui ne pond plus, parfois depuis longtemps.

  • Des pertes plus importantes sur les essaims de l'année précédente :

  • Certaines colonies à faible population mais viables ont une surface de couvain importante en tout cas disproportionnée par rapport au volume de la grappe.

    SYMPTOME N° 12

    Le couvain bien qu'ayant été pondu par des reines jeunes, présente un aspect en "mosaïque" comparable à de la loque américaine sans qu'il n'y ait sur des ruchers entiers, une seule cellule
    loqueuse.

    Parfois les attaques de mycoses sont spectaculaires; le cadre lorsqu'on le secoue, fait un bruit de grelot, plus d'une cellule sur deux pouvant être mycosée. Ces mycoses, lorsque la colonie a survécu disparaissent progressivement au fil des miellées.

    SYMPTOME N° 13 

    Plusieurs apiculteurs ont également remarqué à la même époque une inappétence au sirop de nourrissement.
    On voit fondre et disparaître des essaims en quelques jours après leur avoir administré un nourrissement stimulant.
    Des couvre-cadres nourrisseurs peuvent rester jusqu'à plusieurs semaines sans que les colonies parviennent à les vider.
    Dans les couvre-cadres nourrisseurs ayant un accès libre, les abeilles se noient en quantité importante. Parfois, après avoir vidé sirop et abeilles mortes, on retrouve quelques jours plus tard dans ces nourrisseurs un nombre plus ou moins important d'abeilles mortes qui n'ont pu se noyer mais qui sont simplement venues mourir là-haut.

    Pour ceux qui pratiquent le nourrissement par l'entrée (Boardman) il arrive que, en 8 jours les abeilles n'ont même pas réussi à vider 1/20 d'un bocal de 33 cl.

    Sur des ruchers complets, certains collègues ont signalé souvent moins de 20% de colonies ayant vidé leur bocal en 8 jours.
    Ce phénomène n'est pas uniquement du à la faiblesse des populations mais répétons le, à l'inappétence au sirop de nourrissement. 

    SYMPTOME N° 14 - remarqué plus rarement -

    Certains collègues ont signalé que les colonies survivantes ont vu leurs bâtisses vieillir et noircir anormalement, parfois même les parois de ruches et les plateaux couvre-cadres.

    SYMPTOME N° 15 - figurant des aberrations qui ne sont que des cas isolés -

    Des apiculteurs ont signalé à plusieurs reprises des cas de mortalité apparente puis de résurrection, mais le dernier en date mérite d'être relaté :

    Au mois de janvier 1983 un collègue, apiculteur professionnel, constate la présence devant une ruche d'abeilles mortes avec la reine. Il reste à l'intérieur un petit paquet d'abeilles vivantes, sans reine. Il prélève les abeilles mortes et les porte dans un laboratoire proche en vue de recherches parasitologiques.

    On ne trouve rien de particulier, mais le personnel demande pour le lendemain, un lot d'abeilles vivantes en vue d'analyses complémentaires. Lorsque l'apiculteur revient, toutes les abeilles non analysées et restée dans le laboratoire s'étaient " réveillées " et se promenaient un peu partout dans la pièce. (Ces abeilles sont restées au moins 20 h endormies dans le laboratoire avant de se réveiller).

    D'autres aberrations ont été signalées au niveau du couvain, notamment des cellules de reines avec la nymphe positionnée à l'envers, c'est-à-dire la tête au fond de la cellule.

    EN CONCLUSION

    Ce texte constitue une compilation aussi exhaustive que possible de tous les symptômes décrits ces 3 dernières années


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    Réalisation : Gilles RATIA
    Mise à jour : 03/04/02
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