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Le contexte de l'enquête épidémiologique réalisée par le CNEVA en 1998/1999 en Charente et Charente Maritime
Joël Schiro
Suite
Depuis 1981 et la contestation par les apiculteurs de " l'innocuité " de la plupart des Pyréthroïdes sur abeilles, (non seulement les traitement pleine fleurs, mais aussi, compte tenu de la rémanence de 2 à 4 semaines, les épandages avant floraison), il ne se passe pas une année, sans que, ici ou là, il n'y ait " une affaire abeilles ".
Ainsi, bien avant l'affaire " Gaucho/ tournesol " en Vendée, mais après les fruitiers en vallée de Loire, les vignes en Alsace, les lavandes en Provence, en passant par les colzas en région Lyonnaise ou les porte graines dans le Lauragais, les années 1993/95 ont été marquées par les protestations des apiculteurs de Charente (16), qui se plaignaient de la disparition de leurs butineuses au début du mois de Juillet.
Pour une fois, on pouvait disposer de quelques éléments exploitables.
Contrairement à une idée communément répandue, la mise en œuvre en Mars 1998 de l'enquête Charente, à laquelle le SPMF a financièrement participé, n'a rien à voir avec l'affaire Gaucho. Cette pure coïncidence tient uniquement aux délais de financement et mise en place (100 ruches expérimentales réparties en 20 ruchers appartenant à une douzaine d'apiculteurs différents, sur 2 département et un périmètre de 360 Kms). C'est la plus vaste enquête apicole qui ait jamais été réalisée en France à ce jour. Il convient de signaler que, entre temps, les apiculteurs locaux étaient intervenus auprès des coopératives et sociétés de traitements par hélicoptère pour faire remplacer " la PERTRHINE MG " par " KARATE " (lambdacyhalothrine), qui, à leurs yeux, provoquait moins d'empoisonnement d'abeilles. Ainsi, quatre ans après, bien que supportant des moyennes de récolte à la ruche nettement inférieures aux années 80, ils témoignaient de pertes de butineuses bien moindres que ce qu'ils avaient vécu dans les années 1992/95.
Nous ne connaissons pas les conclusions de l'expérimentation scientifique qui n'ont pas encore été publiées. Par contre, sur le plan apicole, les résultats, au demeurant sans surprises, sont connus.
Tous les techniciens, pourront confirmer qu'il n'y a rien là de très nouveau. N'importe quel apiculteur évoluant en zone de culture industrielle, peut, depuis très longtemps et tous les ans, faire hélas, les mêmes constatations.
Il serait étonnant que, compte tenu de l'inefficacité scientifiquement démontrée des analyses de résidus sur abeilles (voir §5) une explication simple, claire, incontestable et rationnelle soit fournie à ces anomalies. Il n'en reste pas moins que cette étude est considérable et que les travaux à venir devront en tenir compte. Peut être la décision politique et les moyens financiers seront-ils un jour débloqués pour, enfin, mettre au point la technique indispensable au diagnostic d'intoxication sur le terrain, soit à partir de l'analyse des abeilles mortes, soit par toute autre méthode.
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